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Un premier évènement pour l’UTÉUM

« Notre nom se prononce U-Tha-Yam, ce qui signifie le lever du soleil, des planètes et des étoiles, précise l’UTÉUM en légende de sa première publication sur Instagram, datée de janvier dernier. Tout comme notre nom, nous voulons fièrement élever notre culture au-delà des horizons. »

Chajitha, également étudiante au baccalauréat en éducation préscolaire et enseignement primaire, explique que l’UTÉUM est la première association d’étudiant·e·s tamoul·e·s dans une université francophone québécoise. Elle précise que malgré la taille importante de la communauté à Montréal, sa présence est plus marquée dans les universités anglophones comme McGill ou Concordia. D’après elle, les Tamoul·e·s sont plus souvent anglophones que francophones en raison de l’histoire coloniale anglaise de leur région d’origine, l’Asie du Sud.

Les Tamoul·e·s sont les membres d’un groupe ethnique présent dans le nord et dans l’est du Sri Lanka ainsi que dans l’État indien du Tamil Nadu (pays des Tamoul·e·s), explique le chercheur Hugues Eudeline dans un article de la revue OUTRE-TERRE, publié en 2010.

Selon Radio-Canada, des centaines de milliers de Tamoul·e·s ont fui le Sri Lanka depuis juillet 1983. Les évènements de ce Juillet noir, une série de pogromes et d’émeutes violentes visant les membres de la communauté, ont alors marqué le début d’une guerre civile qui s’est terminée en 2009. Plusieurs de celles et ceux qui ont à l’époque quitté leur pays d’origine se sont installé·e·s au Canada. Selon le recensement canadien de 2021, 237 890 personnes ont en effet indiqué avoir une compréhension de la langue tamoule. Au Québec, en 2016, 17 245 personnes indiquaient avoir une connaissance de cette langue, selon un recensement.

Chajitha estime que le petit nombre d’étudiant·e·s de la communauté tamoule à l’UdeM explique en partie pourquoi aucune association les représentant n’existait jusqu’à présent. « Mais cette année, trois personnes ont pris l’initiative de la créer, précise-t-elle. Une des filles de l’équipe venait de l’Université McGill, où elle faisait partie d’un groupe, et elle a dit : “J’ai besoin de cette association à l’UdeM”. »

La vice-présidente aux réseaux sociaux de l’UTÉUM ajoute même que dès la première publication de l’Union sur Instagram, plusieurs étudiant·e·s à la maîtrise ou au doctorat de l’Université ont exprimé leur enthousiasme face à la création d’un tel regroupement. « Ils nous ont écrit pour nous dire qu’ils auraient aimé ça avoir une association qui les représentait pendant qu’ils étaient au bac », confie-t-elle.

Représenter la culture tamoule

En plus de représenter les étudiant·e·s de la communauté, les membres souhaitent faire rayonner leur culture, leur gastronomie et leur histoire grâce à leur association.

« La majorité de la population tamile [au Québec], est venue en raison du génocide, explique Chajitha. Comme c’est un évènement qui nous touche, ça nous tient à cœur d’en parler. »

Elle mentionne que l’UTÉUM aimerait également organiser des évènements pour faire connaître la danse et le cinéma tamoul.

Lors de leur premier rassemblement du 4 avril dernier, les participant·e·s ont pu, entre autres, faire un bingo social, jouer au carrom et déguster du Kothu Rotti, une spécialité culinaire tamoule.

Chajitha précise que les évènements sont ouverts à tous·tes et que les personnes qui souhaitent connaître le prochain peuvent suivre la page Instagram de l’Union : @uteum.umontreal.

« On veut montrer qu’on est fiers d’être des gens tamils qui étudient à l’UdeM et on veut représenter notre culture », souligne l’étudiante.

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