Place aux jeunes

icone Societe
Par Raphael Boivin-Fournier
lundi 16 janvier 2017
Place aux jeunes
Suite à l'adoption du Projet de loi 693, d'ici cinq ans, les différentes sociétés d'États devront accueillir au minimum un jeune de moins de 35 ans dans leur CA. Crédit photo : Courtoisie Unsplash Pixabay
Suite à l'adoption du Projet de loi 693, d'ici cinq ans, les différentes sociétés d'États devront accueillir au minimum un jeune de moins de 35 ans dans leur CA. Crédit photo : Courtoisie Unsplash Pixabay
Adopté à l’unanimité par l’Assemblée nationale le 7 décembre, le projet de loi 693 ouvre la porte des sociétés d’État aux jeunes de moins de 35 ans. Ceux-ci, d’ici une période de transition de cinq ans, devront être obligatoirement présents au sein des conseils d’administration (CA). Quartier Libre s’est demandé ce qu’en pensent les étudiants.

L’idée d’inclure davantage de diversité au sein des CA des 23 sociétés d’État du gouvernement québécois n’est pas récente. Plusieurs organismes de la société civile et tout particulièrement le mouvement des jeunes travailleurs Force jeunesse militent pour l’adoption de cette loi depuis plusieurs années. « Il y a véritablement une homogénéité au niveau des membres des CA de sociétés d’État au Québec, explique la présidente de Force jeunesse, Nolywé Delannon. Lorsqu’on observe les gens qui y siègent, on comprend qu’il pourrait y avoir une amélioration sur le plan de la diversité des âges, des sexes et des cultures. » Pour Force jeunesse, inclure davantage de gens de moins de 35 ans est un premier pas nécessaire pour briser certaines idées préconçues comme le fait de croire que les jeunes manquent d’expérience et de compétences.

« Avoir des jeunes va apporter une vision différente des choses qui peut permettre un brassage d’idées, affirme le professeur à la Chaire de recherche en gouvernance des sociétés à l’Université Laval Jean Bédard. De toute façon, le critère d’embauche pour les membres des CA sera toujours l’expérience et les compétences que le candidat peut apporter à la société d’État selon la vision de celle-ci. » Le professeur ajoute que, bien qu’il n’y ait pas de véritables formations pour siéger dans un CA, les gens qui se retrouveront dans les différents postes auront sans doute déjà fait leurs preuves d’une manière ou d’une autre. En ce sens, la secrétaire générale de la FAÉCUM, Andréanne St-Gelais, estime que le fait de faire partie d’une association étudiante est une expérience formatrice pour un jeune désireux d’être membre d’un CA. «Être dans son association étudiante implique bien souvent de faire partie d’un conseil d’administration, explique-t-elle. Cela permet aux étudiants et aux étudiantes de se familiariser avec les règles de fonctionnement d’un conseil d’administration ainsi qu’aux principes de gestion diligente.»

Une relève avisée

L’étudiant en science politique et membre de la Chaire de recherche du Canada en citoyenneté et gouvernance à l’UdeM Ahmed Hamila estime que faire partie d’un CA serait une expérience enrichissante si le mandat de ce dernier était dans son champ d’habileté. « Nous avons le même débat lorsqu’il est question de parité, explique-t-il. Il ne faut pas placer une personne à un poste seulement sous prétexte de son genre, mais également tenir compte des compétences. » Pour lui, il est temps de donner une voix à plus de diversité.

La question de la formation d’une relève est également soulevée par l’étudiant au baccalauréat en philosophie à l’UdeM Félix-Antoine Gélineau. « Il va sans dire qu’avec le vieillissement de la population, la formation d’une relève qui sera capable de prendre les rênes lors du départ de la génération des boomers est essentielle pour assurer une continuité dans la gestion des sociétés d’État », croit-il. Selon lui, bien que l’idéal serait de ne pas avoir recours à une obligation pour faire entrer les jeunes dans les CA, cette loi peut constituer un pas dans la bonne direction si elle permet de changer un peu les mentalités.

14