La musique francophone et les remous de l’ADISQ

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Par Etienne Galarneau
mercredi 18 novembre 2015
La musique francophone et les remous de l’ADISQ
Afin d’appuyer sa demande faite au CRTC, l’ADISQ, avec l’aide des huit autres regroupements, lancent le mouvement positif « Notre musique, on veut l’entendre », afin que la population soit sensibilisée aux enjeux importants qui entourent la question des quotas francophones et soutienne cette cause. Crédit photo: Flickr/curtis.kennington
Afin d’appuyer sa demande faite au CRTC, l’ADISQ, avec l’aide des huit autres regroupements, lancent le mouvement positif « Notre musique, on veut l’entendre », afin que la population soit sensibilisée aux enjeux importants qui entourent la question des quotas francophones et soutienne cette cause. Crédit photo: Flickr/curtis.kennington
Comme Quartier Libre l’a déjà rapporté en septembre dernier*, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) envisage la réduction des quotas de musique francophone dans les radios commerciales québécoises. Depuis le plus récent gala de l’ADISQ, le dimanche 8 novembre, un collectif nommé « Notre musique, on veut l’entendre » s’est formé pour s’opposer à ce changement de politique.

Mené par des figures charismatiques de la chanson d’expression francophone comme Ariane Moffat, Éric Lapointe et les sœurs Boulay, ce regroupement fondé par l’ADISQ a pour but de sensibiliser la population et de faire reculer le CRTC. « Notre musique, on veut l’entendre » a l’intention de faire paraître un calendrier d’activités dans les semaines à venir, lorsque la date de l’audience au sujet des quotas francophones sera officiellement annoncée.

Quelle lutte doit être menée?

Le combat semble aller bon train pour le regroupement. Dans le Guide de mise en marché de la musique québécoise francophone publié plus tôt cette semaine par l’ADISQ, on apprend qu’en juin 2015, la télévision et la radio étaient encore les sources  principales de diffusion des découvertes musicales des Québécois. On note même une augmentation de l’intérêt de la population pour la musique francophone, passant de 58 % à 67 % de 2012 à 2015.

Cependant, les chiffres semblent aussi donner raison aux radiodiffuseurs. Si leur volonté est d’attirer les plus jeunes publics, susceptibles de se tourner vers les plate-formes de diffusion en ligne, les statistiques indiquent qu’il s’agit d’une bonne voie. En effet, le Guide indique que seulement 29 % de la musique écoutée par les jeunes de 13 à 17 ans est d’origine québécoise.

Mais plutôt que de souhaiter niveler la musique vers le bas, il m’apparaît clair qu’il faut plutôt défendre des artistes d’ici qui tentent de percer et de faire carrière. La baisse d’écoute de musique locale par les jeunes est peut-être due au fait que la production québécoise doit beaucoup au réseau des bars-spectacles. À ce sujet, nous ne pouvons que saluer l’initiative du Divan orange, annoncée plus tôt cette semaine. Le bar a en effet entrepris des démarches pour pouvoir accueillir, dans le cadre de certains événements, des mineurs souhaitant découvrir de la nouvelle musique. La première soirée « Bienvenue aux mineurs » aura lieu le 19 décembre prochain.

Afin de mieux aiguiller les radiodiffuseurs dans leur volonté de répondre aux demandes des jeunes, ces derniers doivent manifester leurs réels intérêts. En attendant que le calendrier de « Notre musique, on veut l’entendre » paraisse, il faudra redoubler d’ardeur pour rendre la création locale plus accessible.

En novembre prochain, le CRTC entamera un processus de révision de ses politiques au sujet des radios commerciales. L’un des principaux points discutés, demandé par un rassemblement de radios commerciales, concernera la baisse des quotas de musique francophone de 65 % à 35 % du contenu diffusé. Cette réorganisation a été proposée par Cogeco Diffusion et Bell Média.

*http://quartierlibre.ca/a-t-on-besoin-de-musique-francophone-a-la-radio-commerciale/