Les défis du recrutement

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Par Félix Lacerte-Gauthier
mercredi 11 avril 2018
Les défis du recrutement
L’entraîneur-chef de l’équipe de rugby, Alexandre Saint-Bonnet, a reçu le titre d’entraîneur de l’année du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) en 2012, à sa première année avec les Carabins. Il a également remporté un championnat provincial en 2016. (Photo: Archives Quartier Libre | Jèsybèle Cyr)
L’entraîneur-chef de l’équipe de rugby, Alexandre Saint-Bonnet, a reçu le titre d’entraîneur de l’année du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) en 2012, à sa première année avec les Carabins. Il a également remporté un championnat provincial en 2016. (Photo: Archives Quartier Libre | Jèsybèle Cyr)
Deux équipes sportives de l’UdeM, le Club de baseball et l’équipe masculine des Carabins au rugby, tiennent un camp de sélection printanier ouvert à la communauté étudiante de l’UdeM. Elles espèrent, grâce à cette initiative, pallier à leur problème de recrutement.
Il existe une culture au Québec où les joueurs [de baseball] préfèrent aller à l’université aux États-Unis plutôt que de rester en sol québécois, parce qu’il y a plus d’opportunités pour y poursuivre une carrière professionnelle .
Félix Veilleux, Cofondateur du Club de baseball de l’UdeM

«On est passé de 52 à 26 joueurs, résume l’entraîneur-chef de l’équipe, Alexandre Saint-Bonnet. Certains ont gradué, d’autres ont changé d’orientation scolaire et certains ont dû nous quitter. » Bien qu’il ne s’agisse pas du premier camp de sélection ouvert de l’équipe, cette dernière a revu sa stratégie alors que le nombre de joueurs à remplacer n’a jamais été aussi élevé.

De son côté, le Club de baseball de l’UdeM rencontre des difficultés similaires, le recrutement étant un défi qui revient chaque année. Cette situation est unique dans l’Association de baseball collégial canadien (CCBA), où compétitionnent également les Redmen de McGill et les Stingers de Concordia. « Les autres universités n’ont pas de problème de recrutement, affirme le cofondateur du club, Félix Veilleux. Ils ont des alignements de 25 joueurs, alors que nous avons parfois de la difficulté à en avoir 12. On arrive serré chaque année. »

Bien que les deux équipes n’aient pas le même statut, celui-ci étant différent pour les Carabins et pour les clubs, cette préoccupation est plutôt exceptionnelle pour les équipes sportives de l’UdeM. « Le recrutement [des équipes des Carabins] se fait beaucoup par le déplacement d’entraîneurs qui vont voir des athlètes de niveau collégial pour présenter le programme des Carabins », précise le coordonnateur marketing et communications des Carabins, Benoît Mongeon. Selon lui, le grand nombre d’étudiants internationaux membres de l’équipe de rugby peut expliquer ce phénomène.

Pour les clubs sportifs, plusieurs facteurs peuvent influencer la venue de nouveaux joueurs. « C’est beaucoup relié à la “culture” du sport et à sa popularité, résume le responsable des clubs sportifs au CEPSUM, Alain Lefebvre. Le Club de baseball est une équipe très compétitive qui demande des joueurs de très haut niveau, souvent de la Ligue junior élite du Québec, qui étudient à l’UdeM, ce qui est très restreint. » Il donne en exemple d’autres clubs sportifs qui offrent plusieurs niveaux de compétition, ce qui leur permet de rejoindre un plus large public.

Le Club de baseball tient son camp d’entraînement chaque dimanche à l’école Saint-Henri. Pour sa part, l’équipe de rugby fera son camp de sélection le 14 avril prochain. (Photo : Roméo Mocafico)

Le Club de baseball tient son camp d’entraînement chaque dimanche à l’école Saint-Henri. Pour sa part, l’équipe de rugby fera son camp de sélection le 14 avril prochain. (Photo : Roméo Mocafico)

 

S’adapter pour survivre

L’une des principales difficultés à laquelle l’équipe de rugby est confrontée est, selon son entraîneur, que le bassin de joueurs est plutôt limité pour son recrutement. La majorité des recrues potentielles de niveau collégial évoluent dans des établissements anglophones, puis elles se tournent naturellement vers des universités de même langue pour poursuivre leur carrière. « Notre bassin de recrutement n’est pas très profond, soutient M. Saint-Bonnet. Surtout à certains postes, qui demandent des aptitudes techniques ou physiques spécifiques. »

Par le passé, l’équipe de rugby a tenu ses sélections à la rentrée d’automne afin de recruter des joueurs en échange provenant d’Europe. Avec son camp printanier, qui se tiendra le 14 avril, M. Saint-Bonnet espère attirer l’attention des étudiants québécois. « Le fait qu’ils viennent d’arriver au Québec, qu’ils doivent s’adapter à un nouvel environnement et à leurs cours, en plus de pratiquer avec nous et d’apprendre le système de jeu, ça leur fait beaucoup de choses à appréhender en même temps, explique-t-il. En recrutant en avril, on pourra travailler avec nos joueurs pendant l’été et développer leurs compétences. »

De son côté, Félix estime que le contexte universitaire de la CCBA limite les possibilités. « Il existe une culture au Québec où les joueurs préfèrent aller à l’université aux États-Unis plutôt que de rester en sol québécois, parce qu’il y a plus d’opportunités pour y poursuivre une carrière professionnelle », révèle-t-il.

Félix effectue traditionnellement le recrutement en compagnie d’autres responsables de l’équipe, en appelant directement des joueurs potentiels qu’ils ont identifiés. En plus de cette méthode, l’équipe a ouvert son camp d’entraînement à tous cette année. « C’est une façon pour nous de nous ouvrir à un public plus large, indique-t-il. On comprend que c’est l’une de nos lacunes, et qu’il y a une demande pour ça. » À plus long terme, il espère pouvoir mettre sur pied un pendant féminin à son équipe, ce qui lui permettrait de rejoindre plus de personnes et de répondre à une certaine demande.