Le campus des Laurentides de l’Université de Montréal (UdeM) sera prêt à accueillir la première cohorte d’étudiant·e·s médecins en septembre prochain, tandis que la première cohorte d’étudiant·e·s en pharmacie est prévue pour l’automne 2027. Les gestionnaires du projet espèrent que ce campus aidera à réduire la pénurie de médecins et de pharmacien·ne·s sur le territoire.
La région des Laurentides fait présentement face à une pénurie majeure de médecins, notamment en raison d’une croissance démographique rapide et de difficultés à attirer des médecins en région après leurs études à Montréal. L’ajout d’un campus délocalisé est donc considéré par certain·e·s comme un facteur d’attraction majeur pour recruter de la main-d’œuvre régionale.
La directrice du futur campus et directrice d’enseignement médical du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) des Laurentides, la docteure Jessica Perrault Bishop, n’a aucun doute quant à l’incidence que ce projet aura sur la région. « On a bon espoir que ça pourra aider le recrutement, parce que c’est sûr que quand on est formé à un endroit, on a envie d’y rester », indique-t-elle. Elle donne notamment l’exemple du campus délocalisé de l’UdeM en Mauricie, qui a « fait ses preuves », selon elle.
« Le campus nous permet d’avoir des discussions intéressantes, tant avec le CISSS des Laurentides qu’avec le gouvernement en termes de besoins. »
Docteure Jessica Perrault Bishop, directrice d’enseignement médical du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) des Laurentides et future directrice du campus.
La directrice des projets majeurs du CISSS Laurentides, Mélanie Cyr, abonde aussi en ce sens en ce qui a trait aux effets du campus sur le recrutement. « La venue du campus vient justement aider la région, parce que ce qui a été démontré ailleurs, c’est que quand les médecins étudiants viennent en région, ils développent souvent un sentiment d’appartenance », explique-t-elle.
La solution à la pénurie de médecins ?
Si les deux gestionnaires interrogées par Quartier Libre s’entendent sur les bienfaits qu’aura ce campus, elles n’osent pas affirmer que ce projet va complètement apaiser la pénurie de médecins dans les Laurentides. « Est-ce que ça va régler un problème systémique ? Je ne peux pas le confirmer, avoue Mme Cyr. Cependant, on est convaincu que ça va avoir un impact positif sur notre population. »
Mme Bishop considère néanmoins que la présence du campus permettra aux Laurentides de profiter d’un levier de négociation stratégique. « Ça met Saint-Jérôme sur la carte comme un pôle étudiant important pour deux disciplines essentielles [la médecine et la pharmacie, NDLR] dans lesquelles on a d’énormes besoins », souligne-t-elle.
Un projet de longue haleine
Pour mettre sur pied ce projet, la directrice du campus a passé les trois dernières années à structurer tous les stages obligatoires dans la région afin que les étudiant·e·s du campus puissent y rester durant leurs deux dernières années de doctorat et ainsi faire celui-ci intégralement dans les Laurentides.
Cependant, l’année préparatoire au doctorat est uniquement faisable à Montréal. Les étudiant·e·s sortants du cégep devront donc effectuer celle-ci dans la métropole avant de rejoindre le campus des Laurentides.