Inaugurée le 17 novembre 2025, la station Édouard-Montpetit du Réseau express métropolitain (REM) facilite le transport de bon nombre d’étudiant·e·s vers le campus de la montagne. En raison des files d’attente lors des heures de pointe et de sa profondeur équivalant à plus de 20 étages, comment le REM prévoit-il de procéder à une évacuation en cas d’urgence ?
Creusée à quelques pas du pavillon Marie-Victorin et du CEPSUM, la station Édouard-Montpetit du REM est la plus profonde au pays. Les travaux, entrepris en 2018, ont permis de creuser jusqu’à 72 mètres de profondeur dans le sol. Le Réseau relie d’un côté Deux-Montagnes et de l’autre Brossard. À mi-chemin, le train s’arrête sur le campus de la montagne de l’Université de Montréal (UdeM).
Pour connecter les deux pôles, le métro léger passe sous le Mont-Royal, dans un ancien tunnel ferroviaire construit entre 1912 et 1918. La profondeur de cette station explique la présence de cinq ascenseurs comme seule voie d’entrée et de sortie du REM. Comment, alors, évacuer rapidement et de manière sécuritaire cette station ?
Les ascenseurs en priorité
La conseillère média chez Pulsar (l’opérateur du REM), Claudia Néron, précise par courriel qu’« il est prévu que les ascenseurs de la station Édouard-Montpetit continuent de fonctionner pendant au moins une heure » si une évacuation s’avère nécessaire, même en cas d’incendie, afin de permettre de faire sortir rapidement le plus grand nombre de passager·ère·s possible. Les cinq ascenseurs déplacent en effet 200 personnes par minute, ce qui en fait le moyen le plus efficace de déplacer les usager·ère·s, souligne-t-elle.
En cas de panne, « la station Édouard-Montpetit est aussi munie d’escaliers de secours qui peuvent être utilisés comme sortie d’urgence, ajoute Mme Néron. Ils se trouvent dans une zone sécurisée et sont équipés d’aires de repos pour les usagers qui auraient besoin d’une pause durant l’ascension de l’équivalent de 22 étages. »
Un plan rassurant ?
Dans l’édicule du REM, le chaos sonore émanant de la station de métro voisine s’efface une fois les portes des ascenseurs fermées, et la descente rapide fait doucement bourdonner les oreilles. Interceptée au cœur de ses va-et-vient, l’étudiante de première année au baccalauréat en anthropologie Zoé révèle apprécier « l’économie de temps que [lui] offre le REM pour venir sur le campus ». Toutefois, comme plusieurs autres étudiant·e·s que Quartier Libre a interrogé·e·s, l’usage des ascenseurs en cas d’éventuelle urgence suscite des incertitudes. « Je croyais qu’il fallait éviter d’embarquer dans les ascenseurs lors d’un incendie », avoue Zoé.
Alors qu’il reconnaît l’amélioration de l’état du service depuis la mise en activité du REM de Brossard, l’étudiant de première année à la mineure en sciences cognitives Angel se dit « plus à l’aise à monter les escaliers que d’utiliser les ascenseurs en cas d’urgence ». La crainte que l’un d’eux tombe en panne pendant l’évacuation explique son ressenti.
Cette éventualité est une réalité : le 28 janvier dernier, trois des cinq ascenseurs sont en effet tombés en panne durant l’heure de pointe matinale. Fermer la station à titre préventif pendant plus d’une heure a été nécessaire, sans que les gestionnaires du REM déterminent alors la cause de la panne. Au moment de la rédaction du présent article, un autre ascenseur de la station Édouard-Montpetit était également hors service, selon le site Web du REM, qui n’indiquait cependant pas depuis quand la panne était en vigueur.

Congestion et évacuation
Aux heures de pointe, d’importantes files d’attente se forment pour accéder aux ascenseurs, créant une congestion notable. La plupart du temps, les étudiant·e·s patientent entre 5 et 10 minutes pour accéder à un ascenseur, mais certain·e·s affirment avoir attendu jusqu’à 25 minutes pour quitter la station. L’étudiant libre à l’UdeM Frédérick se dit surtout préoccupé par cet enjeu en contexte d’évacuation, mais aussi par la façon dont seront communiquées les directives. « On a déjà de la difficulté à avoir une mise à jour sur l’état du réseau quand on est [dans le REM], j’ai bien hâte de voir comment on nous fera savoir qu’il faut évacuer la station tout en restant calme », mentionne-t-il.
En cas d’évacuation du tunnel, une passerelle ventilée permettrait aux usager·ère·s de se diriger vers la sortie de secours la plus proche. Des inspecteur·rice·s et agent·e·s de service à la clientèle présent·e·s à la station accompagneraient les voyageur·euse·s vers la sortie de secours la plus près, précise Mme Néron.
Un tracé ancien
En 1961, une première ébauche du métro montréalais prévoyait de faire passer une ligne de métro, la ligne rouge, dans le tunnel ferroviaire du Mont-Royal, pour offrir un trajet nord-sud entre le centre-ville et Cartierville.
L’arrivée de l’Expo 67 a permis à la Ville de finalement prioriser la construction de la ligne jaune, car celle-ci allait relier Montréal à l’île Jean-Drapeau. La construction de la ligne bleue, dans les années 1980, a fait disparaitre l’idée d’installer des stations de métro dans l’axe du tunnel. Ce tracé a toutefois été exhumé par le REM, puisque le trajet qu’emprunte le Réseau est en bonne partie calqué sur le tracé original de la ligne rouge, comprenant notamment les stations de Canora, de Ville-de-Mont-Royal et de Côte-de-Liesse.
