Le travail de nos tantines : la force du dévouement rend hommage aux matriarches noires de Montréal. La commissaire de l’exposition, Nadia Bunyan, explore avec une grande humanité la puissance et le rôle essentiel de ces femmes. À découvrir au Musée McCord Stewart jusqu’au 14 avril 2026.
Un hommage muséal
Au centre de la pièce de l’exposition trône une coiffeuse en bois. Sur le miroir reposent des portraits de femmes. Fièrement, celles-ci semblent observer les visiteur·euse·s plus que ces derniers·ère·s les regardent. Ce sont elles, les « tantines ».
Dans les communautés afro-canadiennes, les tantines occupent une place fondatrice. Figures de confiance, conseillères, elles jouent un rôle clé dans la transmission des savoirs et des expériences. Autour d’elles se créent des espaces d’écoute et de soutien.
Au cœur de l’exposition, leur présence se révèle surtout par l’entremise des témoignages de celles et ceux qui les côtoient. Grâce à des enregistrements diffusés dans des casques audio et à une projection, des femmes racontent ce que les tantines représentent dans leur vie et comment elles ont marqué leur parcours.
L’une d’elles les décrit comme « des femmes plus âgées qui ont beaucoup à m’apprendre, qui ont un vécu que je dois entendre, comprendre et respecter ». L’écoute au casque de ces récits de vie est particulièrement touchante : la puissance du son, sans images imposées, renforce la dimension intime du projet.
Dévouement
Le mot « dévouement » traverse toute l’exposition : chaque témoignage diffusé le rappelle. Il résume bien la place qu’occupent les tantines au sein de leur communauté.
Ce concept repose sur leur travail discret et peu visible. Elles effectuent un travail quotidien qui n’est ni rémunéré ni reconnu. L’exposition souligne que ce rôle échappe aux logiques économiques traditionnelles : parce qu’il ne peut pas être quantifié ou monétisé, il devient de facto invisible.
Pourtant, ce travail est bien réel. Par leur présence constante, les tantines maintiennent les liens qui permettent à la communauté de rester soudée.
Une scénographie de l’intime
Les cartels présentent des souvenirs, des anecdotes racontées au « je » et au « nous ». La force de ces témoignages fait du projet une fresque humaine plutôt qu’un récit historique.
Néanmoins, ce sont surtout les objets exposés qui donnent une présence tangible aux tantines. Vêtements, accessoires ou CD de musique racontent ces femmes à travers leur style et leurs rituels dans la vie quotidienne. Parmi ces accessoires, un ensemble chemisier et pantalon jaune rayonne dans une vitrine. Le cartel placé à côté rapporte le souvenir d’une femme qui parle fièrement de sa mère, une tantine. Figures charismatiques et sources d’émancipation, les tantines se révèlent ici grâce à la force et la sensibilité du projet de Nadia Bunyan.
| Le travail de nos tantines : la force du dévouement Au Musée McCord Stewart, 690, rue Sherbrooke Ouest, Montréal Admission générale (adulte): 20 $ en ligne, 22 $ au guichet; Étudiant·e (18-30 ans): 15 $ en ligne, 17 $ au guichet |