FAÉCUM : un changement dans les règles d’accès au budget à deux doigts de passer


Un vote serré a eu lieu dans la soirée du mercredi 8 octobre dernier, lors d’un congrès général extraordinaire de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’UdeM (FAÉCUM). Seulement trois voix ont permis d’abattre une proposition d’accès ouvert au budget et aux états financiers de la Fédération.

Ainsi, 57 représentant·e·s d’association ont voté contre la proposition portée par l’Association étudiante du Département d’informatique et de recherche opérationnelle de l’UdeM (AÉDIROUM), tandis que 54 délégué·e·s d’association se sont exprimés pour.

Les modalités

Le débat autour des modalités d’accès au budget et aux états financiers de la FAÉCUM revient régulièrement aux instances, et ce, depuis plusieurs années.

Les étudiant·e·s membres de la Fédération peuvent accéder à la documentation en question uniquement au sein des locaux de celle-ci, en ayant préalablement pris rendez-vous auprès de la personne élue aux finances et aux services. 

Produire une copie physique ou numérique du budget exhaustif et détaillé n’est par ailleurs pas autorisé. Seule une version numérique et sommaire, le budget aggloméré, est téléchargeable depuis le portail des membres de la FAÉCUM. 

La question de fond

Durant les délibérations précédant le vote, les délégations étudiantes en faveur du maintien des règles actuelles ont affirmé que ces dernières permettent de garantir un accès adéquat à l’information, tout en protégeant la FAÉCUM de ses « adversaires politiques »

Ces derniers pourraient alors gagner un avantage en consultant les états financiers avec des normes de libre accès, surtout en période de grève étudiante, argumentent les délégations.

À l’opposé, d’autres associations affirment que les normes d’accès en vigueur favorisent un manque de transparence de la Fédération. Plus généralement, elles adressent les mêmes critiques vis-à-vis du fonctionnement de la Fédération, qu’il faudrait, selon elles, réformer.

L’AÉDIROUM et huit autres associations étudiantes incarnent cette posture. Elles ont notamment déposé en avril dernier un manifeste intitulé Repenser la démocratie étudiante à l’Université de Montréal, qui détaille le projet majeur de réforme des règlements.

Les associations étudiantes qui ont signé le manifeste 
Association des étudiantes et étudiants en philosophie (ADÉPUM) 
Association étudiante du Centre d’études classiques (AÉCÉCUM)
Association étudiante du Département d’informatique et de recherche opérationnelle (AÉDIROUM)
Association étudiante d’histoire (AÉHUM) 
Association étudiante de littérature comparée (AÉLCUM) 
Association des étudiant·e·s en littératures et langues modernes (AÉLLMUM)
Association des étudiants et étudiantes de mathématiques et statistique (AÉMSUM)
Association étudiante du Centre d’études asiatiques (Asso-CÉTASE)
Regroupement des étudiantes et étudiants de sociologie (RÉÉSUM)
Source: le document Repenser la démocratie étudiante à l’Université de Montréal

« Il y a beaucoup de traditions au sein de la FAÉCUM, explique l’étudiant de cinquième année au doctorat en informatique Mattéo Delabre, qui assure également la passation de la présidence de l’AÉDIROUM. Certaines sont correctes, mais il y en a beaucoup qui vont à l’encontre du processus démocratique. » 

Les modifications proposées sont conséquentes, et les délibérations n’ont pas manqué de durer. Sur les 27 propositions d’amendement au programme de l’AÉDIROUM, 12 ont fait l’objet d’un débat avant l’ajournement des procédures, à 23 h. Les discussions reprendront lors du prochain congrès, le 5 novembre prochain.


Une version précédente de ce texte a été corrigée, car elle présentait les votes pour et contre l’amendement comme étant ceux d’associations étudiantes.

Or, la FAÉCUM compte 85 associations selon les informations sur son site, tandis que 111 voix ont été comptabilisées.

Chaque vote est celui d’un·e représentant·e d’association membre de la FAÉCUM, et non d’une association entière.

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