Étudiants Iraniens
© Houman Hashemi

Des étudiants iraniens se mobilisent sur le campus

Depuis le début de la nouvelle année, des étudiants iraniens de l’Université de Montréal se mobilisent pour sensibiliser la communauté universitaire aux violentes répressions qui ont tué et blessé plusieurs milliers de personnes en Iran. Ils organisent, avec l’association Caspian, qui regroupe des étudiants iraniens de HEC Montréal, de Polytechnique et de l’UdeM, des événements pour commémorer et rendre hommage à ceux et celles qui ont perdu la vie sous le régime islamique.

CE QU’IL FAUT SAVOIR – LA SITUATION EN IRAN

Le 28 décembre 2025, d’importantes manifestations ont éclaté dans tout l’Iran à la suite de l’effondrement de la monnaie locale, le rial, qui a fortement dégradé les conditions de vie de la population. Les revendications populaires ont rapidement évolué vers des appels à un changement de gouvernance et à la fin du régime islamique. À Téhéran, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a violemment réprimé les protestations, faisant plusieurs milliers de morts et de blessés, tandis que des coupures massives d’Internet ont isolé le pays. Sur la scène internationale, la pression d’une intervention américaine s’est concrétisée par des frappes conjointes des États-Unis et d’Israël, déclenchant désormais une guerre qui menace l’ensemble de la région

« Notre motivation principale est de sensibiliser la population universitaire à la situation actuelle en Iran, car elle n’a pas reçu l’attention nécessaire », explique l’étudiante iranienne de première année au baccalauréat en droit Assal Ataeeyanlayegh. Avec son ami Houman Hashemi, également étudiant en droit, ils ont immédiatement voulu s’impliquer. « Face à ce qu’il se passe en Iran, nous avons décidé d’agir à l’échelle universitaire, poursuit-elle. On s’est dit que collaborer avec une association étudiante comme Caspian allait aider à mieux diffuser l’information. »

En janvier et février, une minute de silence, des kiosques informatifs et des groupes de parole ont été organisés sur les campus de l’Université de Montréal et de Polytechnique, la programmation d’un événement commémoratif à la Place des Arts marquant le point culminant de la sensibilisation au sujet. Des tables ornées de bougies, des pancartes explicatives et des portraits des victimes des manifestations en Iran ont été installés, tandis que des roses blanches étaient distribuées aux étudiants en leur mémoire. 

« On organise cette commémoration du 40e jour [de deuil] dans l’espace public pour que d’autres personnes puissent voir ce qu’il se passe et s’informer », précise le président de Caspian, Mohammadreza Talebloo. 

La mission de l’association a rapidement évolué lorsque les répressions massives ont sévi en Iran. À l’origine, Caspian organisait des événements sociaux rassemblant des étudiants iraniens de HEC, de l’UdeM et de Polytechnique : pique-niques, concerts, sorties au théâtre… Ces activités se sont rapidement transformées. « Elle a annulé les autres événements qu’elle avait prévus et s’est vraiment concentrée sur ceux qui servent à informer la population universitaire sur la situation en Iran », souligne Assal. 

Une lutte à distance

La jeunesse iranienne, qu’elle vive en Iran ou à l’étranger, joue un rôle majeur pour faire connaître la cause de son pays à l’international. Sur les campus occidentaux, elle amplifie le message et traduit cette lutte nationale en termes universels, comme les droits de la personne, les libertés civiles et l’égalité, affirme le professeur au Collège des Forces canadiennes Pierre Pahlavi.

« Personnellement, j’ai été énormément affectée, confie Assal. J’ai perdu des êtres chers, donc c’est une cause qui me tient profondément à cœur. Je veux vraiment faire entendre la voix de celles et ceux qui ont perdu la vie. » 

Depuis le 28 février dernier, la situation en Iran a pris une nouvelle tournure, les États-Unis et Israël menant des attaques dans le pays. Bien qu’une guerre se profile depuis plusieurs jours, M. Pahlavi précise que certaines parties de la diaspora considèrent toute pression extérieure comme un accélérateur potentiel de changement de régime.

Étudiants Iraniens
Rassemblement des étudiants iraniens de l’UdeM et de Concordia à Place des Arts. © Pema Tournadre

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