Le Sporting Montréal FC a remporté la Supercoupe de futsal du Québec le 15 mars dernier. L’équipe féminine sera donc à Calgary du 9 au 12 avril prochains pour représenter la province lors du Championnat canadien. Trois joueuses des Carabins qui en font partie vont ainsi tenter de ramener le championnat national de futsal au Québec.
En novembre dernier, les Carabins ont remporté le titre national universitaire de soccer. À peine une semaine après sa victoire avec l’équipe, l’étudiante de troisième année au baccalauréat en physiothérapie Shayla He s’envolait vers les Philippines pour représenter le Canada à l’occasion de la coupe du monde féminine de futsal. Habituée des compétitions de haut niveau, elle tente désormais de devenir championne canadienne avec ses coéquipières Anna Bianca-Stevens Cardin et Sara Trandji.
Malgré son titre de joueuse par excellence de la Supercoupe de futsal qu’elle a obtenu à la suite de la victoire du Sporting Montréal FC, Shayla reste humble et rappelle que « c’est l’équipe qui a gagné ensemble, tout le monde s’est vraiment donné ». Elle connaît bien le niveau de compétition auquel l’équipe va faire face, pour avoir participé au championnat canadien l’an dernier au sein d’une autre équipe.
« Je pense qu’on a une bonne chance, mais il ne faut pas parler trop vite, confie-t-elle. Il faut juste jouer comme on joue. » En 2025, les joueuses de futsal se sont inclinées en finale aux tirs de pénalité face aux représentantes de la Saskatchewan. Cette année, le Sporting Montréal FC va faire face aux nouvelles championnes de la même province dès le match d’ouverture.
Un financement difficile à obtenir
Bien que le tournoi approche, la priorité actuelle des joueuses est de financer leur voyage à Calgary grâce à des levées de fonds et à l’organisation d’un tournoi de futsal. La responsable des communications de celui-ci, Safa Khaldi, déplore les difficultés à obtenir le financement nécessaire dans le sport féminin. « Malheureusement, parfois, le côté féminin du sport est juste moins financé et moins mis en avant », se désole-t-elle.
Elle explique que le futsal étant un sport émergent considéré comme « underground [méconnu] », l’organisation de tournois dépend principalement de l’autofinancement des athlètes ou de campagnes de financement organisées par ces derniers. Au moment de la rédaction du présent article, la collecte de fonds de l’équipe sur la plateforme Gofundme avait atteint la somme de 3 640 dollars sur 5 000 dollars attendus.
La chargée de cours en marketing et directrice des opérations au Pôle sports de HEC Montréal, Geneviève Harbec, précise que « pour les activités dans le sport féminin niché, il y a un manque de financement structurel à la base et ça repose beaucoup sur le bouche-à-oreille, le réseau, les gens autour des athlètes. »
Un manque de visibilité
Shayla considère qu’en matière de financement, la négligence envers les équipes féminines n’est pas le seul problème, le manque de visibilité constitue un autre défi. « Déjà, au soccer, les femmes sont moins visibles comparées aux hommes, donc imaginez qu’au futsal, c’est encore pire », souligne-t-elle. La joueuse se réjouit donc que le Sporting Montréal FC fasse une « très bonne couverture pour les filles » sur les réseaux sociaux, une initiative qu’elle et ses coéquipières saluent.
Mme Harbec regrette qu’il y ait « définitivement moins de visibilité pour le sport féminin », mais constate tout de même une amélioration. Interrogée sur la relation entre financement et visibilité, elle ne cache pas que personne ne la comprend vraiment. « C’est un cercle vicieux, affirme-t-elle. Il n’y a pas assez de visibilité, parce qu’il n’y a pas assez de financement, et il n’y a pas assez de financement, parce qu’il n’y a pas assez de visibilité. »
La directrice des opérations demeure néanmoins optimiste lorsqu’elle décrit l’état du sport féminin. « De plus en plus de partenaires souhaitent s’associer aux sports féminins, parce qu’il y a une effervescence, particulièrement en Amérique du Nord et même à Montréal », assure-t-elle.
