Le recteur de l’Université de Montréal, Daniel Jutras, avait prévenu que le budget du Québec risquait de laisser les universités sur leur appétit. © Félix Lacerte-Gauthier.
Le recteur de l’Université de Montréal, Daniel Jutras, avait prévenu que le budget du Québec risquait de laisser les universités sur leur appétit. © Félix Lacerte-Gauthier.

Budget du Québec 2026 : quelles retombées pour l’Université de Montréal ?

Dévoilé mercredi, ce qui devrait être le dernier budget du gouvernement Legault avant la prochaine élection accorde 391,9 millions de dollars sur cinq ans à l’enseignement supérieur, à l’intégration au marché du travail et à la recherche. 

Le gouvernement prévoit notamment 150 millions de dollars sur cinq ans pour poursuivre la promotion et la valorisation des disciplines du génie et des technologies de l’information, 131,8 millions pour prolonger les allocations d’aide à l’emploi, 15,5 millions pour accueillir la hausse des cohortes en médecine et 45,3 millions pour appuyer la recherche universitaire.

Il indique aussi que les dépenses du portefeuille pour l’enseignement supérieur augmenteront de 3,7 % en 2026-2027. Cette hausse s’explique « principalement par la hausse du nombre d’étudiants fréquentant les établissements d’enseignement supérieur », précise le document budgétaire.

Dans un communiqué de presse, le ministre des Finances, Eric Girard, a défendu « un budget sobre contenant des mesures centrées sur les priorités des Québécois, et prônant une approche responsable sur le plan des finances publiques. » 

À l’Université de Montréal (UdeM), le recteur, Daniel Jutras, avait déjà préparé le terrain en début de semaine. Lors de la dernière assemblée universitaire, lundi, il a en effet affirmé que l’établissement ne s’attendait pas à un changement important de la part de Québec. « Jusqu’à preuve du contraire, selon toute vraisemblance, on ne va pas avoir de grandes solutions au sous-financement chronique des universités cette semaine, a-t-il déclaré. C’est plutôt l’inverse. »

Il a aussi mentionné que l’UdeM préparait déjà son propre budget « en fonction de cette perspective un peu restrictive » et souligné que l’Université n’attendait « pas de bonnes nouvelles du côté de l’indexation de la masse salariale. »

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Le recteur de l’Université de Montréal, Daniel Jutras, s’attendait à un budget du Québec sans grand réinvestissement pour les universités. © Carla Roche

Ces annonces confirment donc en bonne partie les craintes exprimées par le milieu universitaire. Pour les directions d’établissement, l’absence d’un geste plus fort risque d’accentuer la pression sur la planification budgétaire des prochains mois.

« [Cette situation] va demander un effort important des universités québécoises très certainement, pour continuer de plaider la cause du sous-financement des universités, a averti M. Jutras. C’est quelque chose auquel je vais continuer de m’attaquer. »

Des signaux plus encourageants à Ottawa dans le budget fédéral

Si le ton était pessimiste du côté du gouvernement provincial, le recteur a toutefois brossé un portrait un peu plus prometteur de certaines perspectives fédérales. Sans compenser le manque des universités québécoises, Ottawa semble vouloir investir davantage dans des secteurs stratégiques liés à la recherche et à l’innovation.

M. Jutras a notamment évoqué la nouvelle stratégie industrielle de défense du gouvernement fédéral, dotée d’une enveloppe de 6,6 milliards de dollars sur cinq ans. Une part importante de cette somme devrait aller à la recherche, a-t-il expliqué, dans des domaines comme l’intelligence artificielle, la cryptographie, la robotique, la résilience bactérienne et la santé publique.

« Il y aura beaucoup d’argent au cours des prochaines années autour de thématiques qui peuvent avoir une résonance ou une pertinence dans le contexte de la défense », a-t-il affirmé lors de l’assemblée universitaire. 

Le recteur a aussi rappelé que l’Université de Montréal venait d’obtenir un financement combiné de près de 30 millions de dollars de la Fondation canadienne pour l’innovation pour soutenir six projets d’infrastructures de recherche.

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