MIL février 2026
En 2006, l’Université de Montréal a racheté l’ancienne garde de triage de Montréal pour y construire un nouveau campus © Ulysse Taillard

Budget et critiques : les défis de la phase 2 du MIL

Alors que la phase 2 du campus MIL se dessine, le projet phare de l’Université de Montréal (UdeM) traverse une période d’ajustements. Des critiques internes sur l’aménagement des espaces s’ajoutent à une reprogrammation budgétaire de 34 millions de dollars par la Ville de Montréal. L’ambition universitaire se confronte à des réalités de terrain.

Bien que le calendrier précis des futurs déménagements demeure incertain, le développement du campus MIL franchit de nouvelles étapes. Si la première phase est terminée, la seconde accueillera les départements de mathématiques et de statistique, d’informatique et de recherche opérationnelle, ainsi que l’Institut Courtois. Le projet se trouve présentement à l’étape du dossier d’affaires. 

Lors de la présentation du « dossier immobilier » à l’assemblée universitaire du 26 janvier dernier, le vice-recteur à l’administration et aux finances de l’UdeM, Éric Filteau, a indiqué espérer un début des travaux à l’automne. De son côté, la porte-parole de l’Université, Geneviève O’Meara, affirme qu’il est trop tôt pour envisager une date de déménagement. Ces transferts doivent également permettre de libérer de l’espace dans les pavillons Marie-Victorin et Roger-Gaudry, afin d’y relocaliser d’autres départements.

Un bâtiment critiqué

Malgré les prix d’architecture que le Complexe des sciences a remportés, le projet suscite des critiques au sein de la communauté universitaire.

« Un concept d’architecte qui n’a jamais été pensé pour les profs. » Sébastien Rioux, professeur au Département de géographie 



Lors de cette même assemblée, le professeur au Département de géographie Sébastien Rioux a qualifié le campus MIL de « concept d’architecte qui n’a jamais été pensé pour les profs ». Il estime que la configuration actuelle fragmente la vie départementale en isolant le personnel, les professeur·e·s et les étudiant·e·s. 

Il avance également qu’environ 30 % des bureaux n’ont pas de fenêtres, ce qui crée, selon lui, un environnement de travail peu attrayant. Contacté afin de préciser ses propos, M. Rioux n’avait pas répondu aux sollicitations de Quartier Libre au moment de la publication du présent article.

En réponse, Mme O’Meara affirme que la planification ne s’est pas faite « en vase clos ». L’Université assure avoir mené un processus de consultation interne en collaboration avec la Faculté des arts et des sciences (FAS). Selon la porte-parole, l’objectif architectural vise à « décloisonner les départements pour permettre l’interdisciplinarité ».

Pour la seconde phase, l’UdeM s’engage à collaborer de nouveau avec les unités concernées afin de mieux répondre aux besoins du plus grand nombre.

Les fonds municipaux en baisse

Le programme décennal d’investissement (PDI) prévoit une baisse de 34,4 millions de dollars pour le projet « MIL Montréal » au cours des quatre prochaines années (2026-2029), soit une diminution de 34,7 % par rapport au PDI précédent. Projet Montréal, l’opposition officielle, qualifie cette tendance de « préoccupante ». La Ville de Montréal nuance toutefois cette lecture. Elle parle plutôt d’un « étirement des interventions dans le temps », et soutient que cet ajustement n’aura pas d’incidence sur le campus. 

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