Dans l'émission de vendredi, Noé Klein a discuté des applications de rencontre. © Alexis Thériault
Dans l'émission de vendredi, Noé Klein a discuté des applications de rencontre. © Alexis Thériault

Applications de rencontre : pourquoi les utilisateurs·rice·s balayent encore

Sur les applications de rencontre, un balayage (swipe en anglais) peut ressembler à une décision… mais il en dit souvent plus long sur la société que sur l’amour. Dans une entrevue diffusée le vendredi 13 février dans l’émission Quartier Libre, sur les ondes de CISM, le candidat au doctorat en sociologie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) Noé Klein a expliqué comment ces plateformes entretiennent l’engagement des utilisateur·rice·s et transforment la manière de choisir un·e partenaire.

Tinder, Hinge, Bumble : les applications de rencontre se multiplient. Elles partagent toutefois un même objectif, celui de garder l’utilisateur·rice connecté·e le plus longtemps possible. Selon le chercheur, c’est tout en finesse que ces entreprises de « l’amour » exécutent un exercice d’équilibrage délicat entre « le potentiel de rencontrer des gens et la frustration de ne pas rencontrer. »

Celui-ci compare ces applications à des jeux qui récompensent les utilisateur·rice·s pour des gestes simples et qui, grâce à un système addictif, donnent envie d’y retourner. Il précise que les concepteurs·rice·s tentent, par l’entremise de plusieurs tactiques, de fidéliser et de retenir leurs client·e·s potentiel·le·s. Un impératif commercial inévitable dans une économie capitaliste.

Les liens intimes à la saveurs des applications

M. Klein, dont la thèse s’intitule Parcours intime des personnes qui utilisent des applications de rencontre, stipule que les sociétés occidentales d’aujourd’hui remettent en question, depuis quelques décennies, le modèle traditionnel de la conjugalité et de l’exclusivité. « Ces applications de rencontre sont arrivées au bon moment et se sont insérées dans cette exploration de la reconfiguration des liens [intimes] », a-t-il détaillé au micro de Quartier Libre.

Selon lui, les profils sur ces applications de rencontre sont l’occasion pour les utilisateur·rice·s d’expérimenter davantage les relations. « Certains critères plus rationnels vont être mis en place, plutôt que de se laisser porter par le feeling qu’on a quand on rencontre une personne en vrai », a-t-il indiqué.

À force de les utiliser, les internautes précisent davantage ce qu’ils et elles recherchent. Ces services de courtage amoureux « permettent de chercher des relations plus sur mesure », a précisé M. Klein. Des critères qui peuvent sembler exigeants servent parfois à viser des liens plus alignés avec ce que la personne recherche.

Pour en savoir plus, écouter l’épisode complet de Quartier Libre du vendredi 13 février sur le site Internet de CISM.

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