Élections provinciales Québec
Crédit Photo: Guillaume Villeneuve.

Élections provinciales et équité intergénérationnelle

Pour savoir quelles mesures permettraient de mieux répondre aux enjeux de demain, l’organisme Force Jeunesse a passé au crible les propositions des partis politiques dans le cadre de la campagne électorale. Le président de l’organisme, Marc-André Bouvette, s’est confié à Quartier Libre sur les priorités à mettre de l’avant pour garantir une véritable équité intergénérationnelle et un avenir juste pour les générations à venir.

Investir pour répartir le coût de la dette

Le fonds des générations, « c’est un mécanisme direct d’équité entre les générations, explique M. Bouvette. Si la dette augmente, ça pourrait devenir un enjeu significatif pour notre génération dans 20, 30, 40 ans. Les intérêts qu’on paie sur la dette pourraient devenir importants, et c’est de l’argent qu’on ne met pas dans les services publics, en santé, en éducation, en culture. » 

Pour répartir le remboursement de la dette sur plusieurs générations, l’État réserve depuis 2006 une partie de son budget dans un compte épargne, le Fonds des générations, géré par la Caisse de dépôt et placement du Québec. L’année dernière, il y a déposé 2,5 milliards de dollars. « L’objectif est que ce fonds génère plus de rendement que ce que la dette nous coûte, pour pouvoir faire, à terme, des versements massifs sur la dette dans 10, 20, 30, 40 ans », ajoute le président de Force Jeunesse.

Penser au futur des services publics

Force Jeunesse, qui se préoccupe de l’équité intergénérationnelle de la dette, mais aussi des services publics, s’inquiète d’un « manque d’anticipation et de la vision très court terme des partis, poursuit M. Bouvette. Malgré le Fonds des générations, nos coûts de services augmentent, avec une population vieillissante. Notre génération va se retrouver face à un mur : soit on augmente de façon significative les impôts et les taxes, soit on coupe dans les services, soit on prend d’autres décisions difficiles. »

Afin de réduire les dépenses de la fonction publique, tous les partis, sauf Québec solidaire, ont proposé de réduire les effectifs d’employés. Selon le président de Force Jeunesse, l’intervalle de périodes d’embauche et de licenciement défavorise les jeunes générations. « L’État doit planifier sur dix ans, précise-t-il. Quand on coupe le robinet, on le coupe aux jeunes, car ce sont eux qui occupent les postes occasionnels et temporaires. Si on veut que la fonction publique se renouvelle en matière de compétences, il faut une entrée massive de jeunes professionnels et de jeunes techniciens, et les gels d’embauche l’empêchent. »

Des infrastructures vieillissantes

Les cinq partis les plus représentés lors des élections proposent de vouer une partie de leur budget au maintien des infrastructures actuelles, plutôt que de construire de nouvelles infrastructures. Selon Force Jeunesse, des mesures contraignantes manquent pour s’assurer de réellement investir une partie du budget dans les infrastructures, afin que les futures générations n’aient pas à le faire. 

M. Bouvette affirme qu’une promesse électorale d’investissement dans le maintien des infrastructures devrait être vérifiée à la fin du mandat. « Il y a une question de responsabilité collective, même s’il est toujours plus attirant de couper des rubans pour du neuf que de rénover une école, souligne-t-il. Il rappelle d’ailleurs que « le déficit de maintien d’actifs, l’argent qu’on n’a pas investi pour maintenir nos bâtiments, est d’au moins 44,5 milliards de dollars ».

La place des jeunes dans la politique

Force Jeunesse déplore aussi la présence minime de jeunes politiciens au Québec. Aucun député à l’Assemblée nationale n’avait moins de 35 ans en août 2026. « Nous pensons qu’il devrait y avoir des représentants de notre génération dans les lieux de pouvoir, tels que les conseils d’administration des sociétés d’État, mais avant tout à l’Assemblée nationale », insiste le président de Force Jeunesse. 

Selon lui, les partis présentent tous des candidats jeunes, mais dans des circonscriptions déjà acquises par d’autres partis. « Si le Parti québécois présente un jeune dans Westmount, ça va être bien le fun, mais le jeune ne sera jamais élu dans Westmount, parce que c’est un château fort libéral », illustre M. Bouvette.

Il pense donc que prendre exemple sur les pays scandinaves, qui sont reconnus pour la plus grande représentation de jeunes élus en politique, est essentiel. « Ça nous importe pour deux raisons : ça amène des représentants sensibles à ces enjeux, et pour assurer la confiance des jeunes envers les institutions publiques, il faut qu’il y ait des représentants qui leur parlent », soutient le président de Force Jeunesse.

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