Le Dévoilement du cadre financier de Québec solidaire à l'esplanade tranquille, Montréal. © Samuel Girard
Point de presse sur le cadre financier de Québec Solidaire. De gauche à droite : Alejandra Zaga Mendez, Ruba Ghazal, Gabriel Laurence-Brook, et Stéphanie Poirier. Crédit Photo : © Samuel Girard

Québec solidaire : un cadre financier pour les générations futures ?

Québec solidaire a dévoilé son cadre financier, intitulé Les moyens de nos ambitions, le vendredi 11 septembre dernier. Le parti y annonce un retour à l’équilibre budgétaire à la troisième année d’un mandat solidaire, de nombreux investissements financés notamment par l’imposition des grandes fortunes, et un portefeuille dédié à la transition écologique de 4,2 milliards de dollars sur quatre ans.

L’aspirante au poste de première ministre et co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, a commencé le dévoilement de son cadre financier en mettant l’accent sur les différences entre QS et sa concurrence. « Aujourd’hui, on vous présente des chiffres, mais derrière ça, il y a une vision qui nous distingue des quatre autres partis », a-t-elle déclaré.

Elle fait surtout référence à la volonté du parti de ne pas effectuer de coupes budgétaires dans les services publics ou de resserrer les finances publiques en cas de victoire électorale. Pour atteindre l’équilibre budgétaire sans coupes, QS compte imposer les grandes fortunes de plus de 25 millions de dollars et augmenter l’imposition des particuliers qui gagnent plus de 125 000 dollars par an. Elle indique que pour s’attaquer au coût de la vie, il faut « avoir le courage d’aller chercher l’argent là où il est ».

L’impact de la nouvelle table d’imposition pour une personne seule

Impact de la nouvelle table d'imposition pour une personne seule - © Samuel Girard
Tableau : © Samuel Girard – Source des données : Cadre financier Québec solidaire 2026 – Créé avec Canva

Le « grand oublié » de la campagne

QS ne se démarque pas uniquement par son refus de resserrer les finances publiques, mais aussi par sa volonté d’intégrer l’environnement dans son cadre financier. En plus de l’enveloppe de 4,2 milliards de dollars sur quatre ans pour « réaliser la transition écologique », le parti compte créer un fonds d’urgence climatique dans lequel 500 millions de dollars seront investis chaque année. 

À titre de comparaison, le cadre financier du Parti conservateur du Québec (PCQ) annonce l’abolition de la taxe carbone et celle du Fonds d’électrification et de changements climatiques (FECC). Ce dernier a été mis en place en 2020 pour remplacer le Fonds vert dans la lutte contre les changements climatiques. 

La Coalition Avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ) ne font pour leur part aucune mention à l’environnement dans leur cadre financier, et le Parti québécois n’a pas encore dévoilé le sien.

« Malheureusement, l’environnement et les changements climatiques sont les grands oubliés de cette campagne électorale », a déploré Mme Ghazal, qui a rappelé, en expliquant les mesures climatiques de son parti, qu’à son sens, l’environnement demeure une priorité électorale. « Il n’y a rien de plus important que de nous assurer de léguer une planète saine aux générations futures, a-t-elle souligné. La dette climatique, elle fait mal, et si on ne s’en occupe pas maintenant, les générations futures vont payer. »

Seul parti politique à faire de l’environnement une priorité, QS reste toutefois dernier des intentions de vote dans les sondages. Le modèle d’analyses et de projections électorales Qc125 indique d’ailleurs que si le scrutin avait lieu aujourd’hui, le parti obtiendrait environ 10 % des voix et remporterait huit sièges. En dessous de la barre des 12 sièges à l’Assemblée nationale, ce résultat ferait donc perdre au parti politique son statut de groupe parlementaire officiel.

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