La Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM) a tenu la Soirée du militantisme écologique le lundi 1er décembre dernier dans l’agora du pavillon Jean-Coutu, en collaboration avec plusieurs organismes sans but lucratif nationaux dédiés à la défense de l’environnement.
Plusieurs organismes communautaires, dont Équiterre, Mères au front et ENvironnement JEUnesse, se trouvaient sur place pour répondre aux questions des étudiant·e·s. Le rassemblement devait initialement se tenir au cours de la Semaine de l’écoresponsabilité, entre le 3 et le 7 novembre derniers, mais la grève de la Société de transport de Montréal (STM) avait contraint son report.
« Dans les dernières années, on trouvait que cet événement manquait de militantisme », avance la secrétaire générale de la FAÉCUM, Yasmeen Lazaar. Ainsi, la Fédération a revisité sa formule afin d’inviter plus d’organismes et d’inspirer les personnes participantes à poser des gestes écologiques concrets dans la vie de tous les jours. « La cause environnementale, c’est plus gros que juste l’emballage que je choisis de prendre à la maison », insiste Mme Lazaar.
À 17 h 45, les organisateur·rice·s de l’événement ont diffusé le court-métrage documentaire Occupation en cours, sur l’action qu’ont menée en 2022 une trentaine d’étudiant·e·s membres de l’Écothèque, qui avaient occupé le hall d’honneur du pavillon Roger-Gaudry, et dont deux avaient fait une grève de la faim. Le groupe avait alors réclamé un désinvestissement de l’UdeM des énergies fossiles.
La foule a eu gain de cause depuis. Lors de l’Assemblée universitaire de novembre dernier, la FAÉCUM a eu confirmation que l’UdeM n’avait plus d’investissements dans le secteur des énergies fossiles.
Climat et justice
Parmi les kiosques installés à l’agora du pavillon Jean-Coutu figuraient les Greniers agricoles, un collectif paysan de « maraîchers qui ont décidé d’intégrer la question politique à leur pratique », a expliqué l’un des initiateurs du groupe, Pascal Boucher. Le collectif perçoit la nourriture comme « un levier politique pour solidariser les communautés », a-t-il ajouté.
Dans une étude publiée le même jour que la Soirée du militantisme écologique, l’Observatoire québécois des inégalités indique avoir noté une hausse de 131 % de l’insécurité alimentaire chez la classe moyenne entre 2019 et 2023.
Plus loin dans la salle se trouvait le kiosque du groupe civique Mères au front, habitué à organiser des manifestations et des pétitions. « On a eu une très mauvaise semaine à la fois au provincial et au fédéral au niveau de l’environnement », s’est désolée la bénévole du groupe Valeria Moro.
Le 27 novembre dernier, le premier ministre du Canada, Mark Carney, a en effet approuvé un projet d’oléoduc en collaboration avec l’Alberta. Cette décision a mené à la démission du ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes et ancien militant écologique, Steven Guilbeault.
Mme Moro croit cependant que l’espoir est vital pour lutter contre les changements climatiques. « On ne peut pas baisser les bras, a-t-elle insisté. Si on peut être actif pour un avenir dans un monde autre que celui qu’on connaît, pourquoi ne pas y aller ? »