Le Syndicat national des stagiaires en éducation (SNSE) a invité, le lundi 23 mars dernier, l’ensemble des étudiant·e·s des cégeps et des universités du Québec à se présenter à leur école en pyjama. L’action collective visait à dénoncer l’épuisement des stagiaires en enseignement, face au surmenage et à la non-rémunération des stages.
De son côté, l’Association générale des étudiantes et étudiants en éducation (AGÉÉÉ) de l’Université de Montréal a convié, le même jour, les membres de la Faculté des sciences de l’éducation à se réunir au café étudiant La Retenue, situé au pavillon Marie-Victorin, afin de se prononcer sur une motion de grève.
Fiers d’exposer leur pyjama, la trentaine de participant·e·s, en plus de celles et ceux connecté·e·s à l’événement virtuel, n’ont pas suffi à atteindre le quorum. Afin d’atteindre la majorité exigée et voter la grève, l’association étudiante a donc décidé de reconduire l’assemblée générale au mercredi soir.
Des stages éreintants pour les étudiant·e·s
Installée dans le local de l’AGÉÉÉ, entre deux sacs à dos, la présidente du SNSE et étudiante de deuxième année en adaptation scolaire, Sandrine Leblanc, détaille les dysfonctionnements du programme de stage. « Tu es environ 35 heures par semaine à l’école, explique-t-elle. Tu as au moins cinq heures ou plus de travaux qui sont liés au stage, en plus du nombre d’heures où tu dois travailler à côté [pour gagner de l’argent]. »
Elle décrit sa première expérience de stage comme une étape peu encourageante. « On a un guide de stage qui n’est jamais respecté, puis on n’est pas non plus encouragé à le suivre, indique-t-elle. Les enseignants autant que les superviseurs de stage te disent malgré tout que tu dois en faire plus. »
Dans le cadre du baccalauréat en enseignement, quatre stages obligatoires attendent les étudiant·e·s de premier cycle. Mis bout à bout, ils représentent sept mois de travail non rémunéré. En plus de leurs travaux scolaires, plusieurs étudiant·e·s sont obligé·e·s d’avoir un emploi les soirs et les fins de semaine afin de pouvoir payer leurs frais de subsistance. Ainsi, selon la présidente du SNSE, les stagiaires peuvent être amené·e·s à travailler entre 50 et 60 heures par semaine.
D’après Mme Leblanc, cette pratique prive certain·e·s étudiant·e·s, incapables de jumeler stage et emploi, des moyens financiers nécessaires pour poursuivre leurs études. « C’est inimaginable de demander à des étudiants, qui sont déjà [pour certains] en situation précaire, de travailler sans rémunération, tout en payant leur épicerie, leur loyer et leurs frais de scolarité », s’indigne-t-elle.
Le jeudi 26 mars, à 12 h 30 au square Dorchester, le SNSE organise une manifestation pour défendre les conditions de travail des stagiaires et exiger un salaire. Plusieurs étudiant·e·s, syndicats, associations étudiantes nationales, ainsi que des député·e·s y sont attendu·e·s.
