Comment remplacer l’utilisation des pesticides par une solution réaliste, réintégrer la drêche de bière dans l’économie et trouver des pistes de solutions contre certaines cellules cancérigènes ? Pour bien débuter l’année, Quartier Libre présente trois avancées en science de 2026 qu’ont réalisées des chercheur·euse·s de l’Université de Montréal.
L’étudiant de dernière année au doctorat à Polytechnique Montréal Darius Klassen met en lumière les limites de l’utilisation des pesticides dans l’agriculture conventionnelle. La lutte phéromonale, une méthode alternative, utilise plutôt les signaux chimiques qu’émettent naturellement les insectes pour les éloigner des cultures. « Contrairement aux pesticides, les phéromones sont spécifiques à chaque espèce », explique M. Klassen.
Cependant, cette méthode a des limites : les diffuseurs de phéromones présentement proposés sont à usage unique, ils génèrent donc des déchets et nécessitent un remplacement fréquent. Pour résoudre ce problème, le doctorant met au point des fibres poreuses réutilisables à intégrer aux filets agricoles. Elles permettent de contenir les phéromones, qui sont libérées progressivement selon les besoins de la saison et du cycle de vie des insectes nuisibles.
La science du modèle circulaire de la bière
Après avoir fait pousser l’orge et l’avoir utilisée pour en fabriquer de la bière, que faire du résidu solide de cette céréale, la drêche ? Ce résidu sert généralement à nourrir le bétail, mais cette solution devient problématique en ville, puisqu’elle « nécessite beaucoup de transport, et ce n’est pas ce qu’il y a de plus efficace écologiquement et économiquement parlant », souligne l’étudiant de dernière année à la maîtrise à l’Institut de recherche en biologie végétale Hedi Khrouf.
Celui-ci propose plutôt de transformer les résidus brassicoles en ressources réutilisables, en la compostant localement, car cette solution permet d’éviter « beaucoup d’émissions et de pollution en minimisant le transport ». Grâce à une analyse du cycle de vie de la drêche pour voir « quelles étapes ont un fort impact environnemental », M. Khrouf propose un modèle économique alternatif optimisé, basé sur l’économie circulaire.
Une thérapie ciblée
Différents sous-types de cancer du sein existent. Le triple négatif est un sous-type particulièrement agressif, car il ne possède aucune des molécules normalement ciblées pour le traiter. Plus de la moitié des patientes présentant un cancer du sein triple négatif font face à une rechute dans les trois années qui suivent la chimiothérapie.
L’étudiant de première année au doctorat à l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie Yousef Alaessa analyse comment ces cellules cancéreuses modifient leur manière de consommer de l’énergie et d’exprimer leurs gènes pour mieux survivre et résister à la chimiothérapie. « On essaye de trouver un traitement plus ciblé », indique-t-il, afin de réduire les chances de rechute de personnes atteintes et d’« améliorer l’efficacité de ce traitement ».