L'équipe économique du Parti québécois, menée par Nicolas Marceau (milieu), a présenté leur cadre financier mardi matin - Crédit photo : © Samuel Girard
L'équipe économique du Parti québécois, menée par Nicolas Marceau (milieu) - Crédit photo : © Samuel Girard

Parti québécois : un cadre financier « prudent », mais encore flou ?

Le Parti québécois (PQ) a dévoilé son cadre financier, qu’il définit comme « prudent et responsable », le mardi 15 septembre dernier. Il y annonce un retour à l’équilibre budgétaire à la troisième année d’un mandat qu’il exercerait, un montant conservateur de 6,5 milliards de dollars de nouvelles dépenses sur cinq ans, ainsi qu’une réduction des dépenses liées à la bureaucratie de 6,6 milliards de dollars, grâce à des compressions dans la fonction publique.

C’est l’ancien ministre des Finances et de l’Économie du gouvernement de Pauline Marois et candidat dans Marie-Victorin, Nicolas Marceau, qui a présenté le cadre financier. Le chef du Parti québécois, Paul Saint-Pierre Plamondon, était absent lors du dévoilement pour se préparer aux débats télévisés de TVA et Noovo info. 

Son absence à la présentation de son cadre financier a suscité plusieurs critiques des autres partis politiques, dont celle du chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, qui accuse le chef du PQ de ne pas s’intéresser à l’économie. M. Plamondon a affirmé qu’elle était plutôt l’occasion de démontrer la qualité de son équipe économique.

Le cadre financier indique qu’un gouvernement péquiste économiserait 350 millions de dollars en abolissant Santé Québec, ainsi que 6,3 milliards de dollars sur cinq ans en coupant la masse salariale dans la fonction publique de 2,5 %. M. Marceau a pour sa part déclaré que ces estimations sont très réalistes et même dépassables. « On a inscrit des sommes qui nous paraissent très conservatrices, a-t-il expliqué. On pense qu’on est capable d’aller plus loin, mais par prudence, on a décidé de laisser les chiffres tels qu’ils sont. »

Interrogé sur les effets de ces compressions sur les services publics, M. Marceau a assuré que ces derniers ne seront pas touchés. « Toute l’équipe est très attachée aux services publics, a-t-il souligné. La santé, l’éducation, la culture, c’est sacré. On va s’assurer que le financement soit au rendez-vous. » 

Malgré cette affirmation, l’incertitude règne, puisque le cadre financier ne chiffre pas l’augmentation des dépenses dans ces trois domaines.

L’environnement fait son retour

Le cadre du PQ dévoile enfin un chiffre pour certaines propositions annoncées dans son plan environnemental sorti le 12 août dernier. La proposition la plus notable de celui-ci était la création d’une « passe mobilité » qui donnerait accès à tous les réseaux de transport en commun du Québec, au coût mensuel de 95 $. Selon le cadre financier du parti, cette mesure coûterait 137 millions de dollars par année sous un gouvernement péquiste.

M. Plamondon s’est d’ailleurs vanté durant le Face-à-face de TVA, le mardi 15 septembre, d’être le seul parti doté d’un plan environnemental. Cette affirmation a cependant été contredite par la cheffe de Québec solidaire, Ruba Ghazal, qui a révélé son cadre financier vendredi dernier, dans lequel des mesures pour la transition écologique sont détaillées. M. Plamondon et Mme Ghazal sont donc les deux seul·e·s chef·fe·s de partis politiques à détailler des mesures concrètes pour lutter contre les changements climatiques dans leurs cadres financiers.

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