David Saint-Jacques échange avec des étudiant·e·s à l’Université de Montréal lors d’une conférence sur la mission lunaire Artemis II, mardi soir au pavillon Jean-Brillant. © Mateo Delattre
David Saint-Jacques échange avec des étudiant·e·s à l’Université de Montréal lors d’une conférence sur la mission lunaire Artemis II, mardi soir au pavillon Jean-Brillant. © Mateo Delattre

Mission Artemis II : l’astronaute David Saint-Jacques échange avec les étudiant·e·s de l’UdeM

L’astronaute canadien et diplômé de Polytechnique Montréal en génie physique en 1993, David Saint-Jacques, a échangé avec les étudiant·e·s de l’Université de Montréal (UdeM), mardi soir, au pavillon Jean-Brillant. Il a partagé sa passion pour l’exploration spatiale et présenté les ambitions de la mission lunaire Artemis II, prévue en mars 2026.

« Aller sur Mars est l’objectif ultime de la mission Artemis, et Artemis II est le premier pas vers cet objectif, a fait valoir le Québécois de 56 ans, qui a grandi à Saint-Lambert. Le Canada s’y est forgé une place et est là pour rester. »

Le regard pétillant, M. Saint-Jacques s’est amusé à vulgariser l’exploration spatiale en multipliant les comparaisons. La Station spatiale internationale, à environ 400 kilomètres de la Terre, est « du camping dans notre cour », a-t-il indiqué. La Lune, à 384 400 kilomètres de la planète, ressemble plutôt à « une randonnée sur le mont Saint-Hilaire », selon lui, tandis que Mars devient « une ascension de l’Everest », malgré une distance de 55,7 à 401 millions de kilomètres selon les orbites. Dans ce contexte, l’astronaute qualifie la participation de l’Agence spatiale canadienne (ASC) à la mission Artemis de « vrai privilège. »

En collaboration avec l’agence spatiale américaine (NASA), l’ASC enverra en mars le compatriote de David Saint-Jacques, Jeremy Hansen, en orbite lunaire aux côtés de trois Américains, dans le cadre de la mission Artemis II. Celui-ci deviendra ainsi le premier Canadien à quitter l’orbite terrestre.

M. Saint-Jacques attribue ce succès à des contributions canadiennes à la recherche et à l’exploration spatiale dans des domaines où le pays s’est rendu indispensable, dont la robotique, le génie civil et les soins de santé. « La logistique est là où meurent les missions », a-t-il résumé.

Artemis II, un vol d’essai en orbite lunaire

Artemis II constitue la deuxième phase de la mission Artemis portée par la NASA, qui ambitionne de ramener des êtres humains sur la Lune d’ici 2028, une première depuis Apollo 17 en 1972. La mission souhaite également préparer la conquête de Mars.

Elle permettra de tester le nouveau vaisseau Orion avec un équipage humain lors d’un voyage en orbite lunaire. Comme elle constituera un vol d’essai, elle a la particularité d’impliquer les astronautes dans la conception du véhicule et la mise au point des systèmes.

David Saint-Jacques a pris le temps de répondre aux questions des nombreux étudiant·e·s qui remplissaient l’amphithéâtre. Il a notamment prodigué ses conseils à un jeune diplômé en génie souhaitant travailler un jour dans le domaine spatial, lui suggérant de « regarder davantage du côté du secteur privé » et précisant que « la plupart du travail spatial se fait dans l’industrie. »

À une jeune étudiante rêvant quant à elle de devenir astronaute, il a expliqué que « des gens pratico-pratiques, physiquement robustes, et avec qui tu as envie de partir en camping pendant deux semaines » étaient nécessaires, ajoutant que « dans l’espace, tu es un homme ou une femme à tout faire », a-t-il conclu.

Sur scène, l’astronaute David Saint-Jacques était accompagné des astrophysiciens Nathalie Ouellette, de l’Institut Trottier de recherche sur les exoplanètes, et Olivier Hernandez, du Planétarium de Montréal. La rencontre était animée par la journaliste scientifique Chantal Srivastava.

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