D’anciennes interprètes de théâtre de l’Université de Montréal estiment que les répétitions exigent de trois à neuf heures par semaine, se terminant parfois à 23 h ou à minuit. © DJ Paine via Unsplash
D’anciennes interprètes de théâtre de l’Université de Montréal estiment que les répétitions exigent de trois à neuf heures par semaine, se terminant parfois à 23 h ou à minuit. © DJ Paine via Unsplash

Au nom de l’amour du théâtre

Les applaudissements durent quelques minutes, mais derrière le rideau, les heures s’accumulent. D’anciennes interprètes de théâtre de l’Université de Montréal estiment que les répétitions exigent de trois à neuf heures par semaine, se terminant parfois à 23 h ou à minuit. À ces horaires s’ajoutent les fins de semaine, les imprévus et le temps consacré à la préparation des pièces.

Pour plusieurs étudiant·e·s, l’expérience vaut l’investissement, malgré un horaire exigeant. Entre les cours, les travaux universitaires et les répétitions qui s’étirent tard en soirée, la conciliation devient rapidement un défi et force souvent à faire des choix.

« J’ai pu rencontrer des amis, approfondir mon amour pour le théâtre et participer à une expérience qui a réellement marqué mon parcours universitaire », révèle l’étudiante de troisième année au baccalauréat en soins infirmiers à l’UdeM Mia Luz Nedellec.

Le sourire de l’interprète et l’enthousiasme avec lequel elle évoque son passage dans la troupe traduisent l’importance qu’a eue cette expérience dans sa vie étudiante. L’amoureuse du théâtre a vu en celle-ci une belle manière de se lier d’amitié avec d’autres personnes et d’enrichir son parcours universitaire.

Son horaire, alors plus léger, lui avait permis de s’investir. Au cours de la session suivante, en fin de baccalauréat, concilier répétitions et études était devenu plus difficile.

Le théâtre ou les études… telle est la question

L’engagement demandé dépasse en effet le nombre d’heures officielles de répétition. Les interprètes que Quartier Libre a rencontrées avouent qu’avancer leurs travaux pendant les répétitions est impossible, car elles doivent rester concentrées et actives. À cet engagement s’ajoutent la mémorisation des textes, les filages et la préparation logistique des représentations.

Malgré toute la bonne volonté et l’amour pour la scène, des compromis sont parfois inévitables, admet Mia. Elle confie d’ailleurs avoir dû manquer certaines répétitions de fin de semaine afin de se préparer pour des examens et n’a pas toujours pu s’impliquer dans la préparation des pièces comme elle l’aurait souhaité.

L’étudiante en philosophie Léna de la Bouère évoque pour sa part une charge de travail considérable à prendre en compte avant de s’impliquer au sein de la troupe. Entre les études, un emploi à temps partiel et les répétitions, maintenir un équilibre n’est pas toujours évident. « J’avais de la difficulté à trouver du temps pour faire du sport ou encore pour voir mes amis », mentionne-t-elle. Malgré son expérience en théâtre et en improvisation, elle ne s’attendait pas à un tel degré d’exigence, ce qui l’a contrainte à ne pas retenter l’aventure l’année suivante.

L’étudiante de première/deuxième/troisième année au baccalauréat/à la maîtrise en études internationales Oumy affirme que la clé reste l’organisation. Travailler tôt le matin, profiter des pauses pour avancer les travaux et planifier son horaire : jongler entre toutes ces responsabilités nécessite une discipline essentielle. Faute de temps, elle non plus n’a pas renouvelé l’expérience par la suite.

« C’est un apprentissage qui sert bien au-delà du théâtre », souligne-t-elle.

Les étudiantes mettent ainsi en lumière les limites de l’engagement étudiant quand l’horaire se resserre. Jusqu’où l’investissement dans une passion peut-il mener, sans toutefois compromettre sa réussite universitaire ?

Partager cet article