Des participants déploient un immense drapeau du Québec lors du Jour du drapeau. © Salomé Dano
Des participants déploient un immense drapeau du Québec lors du Jour du drapeau. © Salomé Dano

Jour du drapeau : des étudiants révèlent sentir un retour du souverainisme

Le mercredi 21 janvier dernier, malgré le froid mordant, plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées au Parc Olympique de Montréal pour assister au traditionnel déploiement du plus grand drapeau du Québec, organisé par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJB). Quartier Libre s’est rendu sur les lieux.

Sur place, les participants, certains vêtus de bleu, en hommage à la fleur de lys, reprennent Gens du Pays de Gilles Vigneault et scandent en chœur « Vive le Québec libre ! ». La cérémonie est ponctuée de discours, notamment ceux de la présidente générale de la SSJB, Marie-Anne Alepin, de la représentante de la Ville de Montréal, Andréanne Moreau, et de plusieurs députés québécois. Puis vient le déploiement du drapeau de 18 mètres sur 27, porté par les personnes rassemblées.

L’événement se voulait bien festif. © Salomé Dano

Pour Jean et Hélène, fidèles au rendez-vous depuis plusieurs années, l’émotion reste intacte. « Voir ce grand fleurdelisé déployé, c’est notre fierté», confient-ils. À leurs yeux, ce type de rassemblement est une manière concrète de célébrer l’identité québécoise et une « activité récréative intéressante » malgré une température ressentie de -13 degrés.

Des jeunes absents, mais pas indifférents à l’UdeM

Si peu de jeunes sont présents au Parc Olympique, les étudiants interrogés sur le campus de l’Université de Montréal s’accordent plutôt sur un point : une forme de souverainisme semble gagner du terrain chez les jeunes Québécois, même si celui-ci ne se traduit pas nécessairement par une participation active à ce type d’événement. Parmi la quinzaine d’étudiants que Quartier Libre a interrogés, aucun ne connaît l’activité organisée pour le 78e anniversaire du Jour du drapeau.

Certains élèves expliquent ce regain d’intérêt par une affirmation accrue de la culture québécoise au cours des dernières années, un phénomène que les médias sociaux amplifient.« Je le sens dans les discours des jeunes et dans les publications que je vois », affirme l’étudiante au baccalauréat en adaptation scolaire Sarah-Maude.

Un engagement motivé par un désir d’être représenté 

Pour l’étudiant en architecture à l’UdeM Vincent, ce mouvement est toutefois bien différent de celui du siècle dernier. « Les enjeux sont différents, peut-être moins axés sur la culture et davantage sur le désir d’être maître de nos décisions», estime-t-il. Il souligne aussi que les réseaux sociaux sont devenus un vecteur central de diffusion de l’information.

Vincent explique ce phénomène par la difficulté pour certains de développer un sentiment d’appartenance à un pays dont les frontières sont aussi éloignées que celles du Canada. « Un plus petit pays permettrait une certaine unité de cœur et d’esprit, nous aidant peut-être à faire face aux nombreux défis du contexte international actuel, même si je ne pense pas que le Québec soit prêt à être indépendant.», avoue-t-il.

Une perception que partage l’étudiant en finance à l’UdeM Louis même si lui aussi reste dubitatif sur la potentielle indépendance du Québec, « Si le Québec était indépendant, j’aurais un sentiment d’engagement civique, civil et politique plus fort, affirme-t-il. Je pense que tu as moins le goût de te donner à fond pour le sort de ta culture ou de ton peuple, si tu sens que ton gouvernement ne te représente pas réellement. Je serais plus investi dans le bon fonctionnement de la société à mon avis. Personnellement, cette montée de l’indépendantisme chez les jeunes, j’en entends parler sur les médias sociaux, mais je le perçois pas trop dans la vraie vie. »

Malgré ces réflexions, la majorité des étudiants estiment que la question de l’indépendance du Québec occupe une place minime dans les discussions quotidiennes, à l’Université comme entre amis. « On va fêter la Saint-Jean, faire des blagues sur le sujet, mais pas plus que ça », résume l’étudiante au baccalauréat en adaptation scolaire Marie-Ève.

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