Conférence de Connexion Internationale de Montréal (CIMtl) au cabinet Borden Ladner Gervais (BLG), à Montréal, sur la géopolitique mondiale et les ajustements de la stratégie internationale du Québec. © CIMtl
Conférence de Connexion Internationale de Montréal (CIMtl) au cabinet Borden Ladner Gervais (BLG), à Montréal, sur la géopolitique mondiale et les ajustements de la stratégie internationale du Québec. © CIMtl

Géopolitique mondiale : entre chaos et occasions pour le Québec

Le Québec ajuste sa stratégie internationale dans un contexte géopolitique de tensions accrues entre grandes puissances et incertitude économique. Le 4 février dernier, une conférence de la Connexion internationale de Montréal (CIMtl), au cabinet Borden Ladner Gervais, à Montréal, a porté sur les réponses possibles de la province. Quartier Libre y a assisté.

Pendant le panel, le chef du pupitre Inde, Asie centrale, du Sud et du Sud-Est au ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF) Frédéric Czor, la conseillère en analyse géopolitique à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) Marie Haroon et la chargée de projet au CECI Marie Denise Samson Léger discutent des priorités qui changent, tout en rappelant le rôle des ONG dans des pays fragilisés.

« L’importance du dialogue, c’est ce qui va mener à une résolution pacifique des conflits », affirme M. Czor, qui plaide pour le maintien de canaux ouverts même en période de tensions.

Diversifier les marchés du Québec entre Washington, l’Indo-Pacifique et l’Arctique

Tous s’accordent à dire que l’instabilité actuelle oblige leurs institutions à repenser leurs approches. Les changements de cap à Washington sont abordés, puisque le marché américain représente environ 70 % des exportations québécoises, ce qui contraint à des ajustements rapides.

Frédéric Czor souligne que le MRIF a adopté une stratégie proactive, amorcée avant même l’élection de Donald Trump. Le Québec concentre désormais ses efforts sur des secteurs stratégiques comme l’énergie, les minéraux critiques et la défense, tout en diversifiant ses partenariats, notamment avec des pays du sud global.

Mme Haroon décrit quant à elle la situation comme une « phase de récession » géopolitique. « Trump est un catalyseur, plutôt que le responsable de la rupture en soi », estime-t-elle. Le recul du multilatéralisme et les tensions entre grandes puissances fragilisent les marchés et les investissements.

Sur le plan communautaire, Mme Samson Léger rappelle que les ONG comme le CECI restent en première ligne, même dans des zones instables comme Haïti. Elles s’adaptent en réduisant la taille des équipes et en renforçant la sécurité, sans se retirer. « On n’est pas là uniquement pour prendre et repartir, mais pour construire quelque chose de réciproque », précise-t-elle.

Malgré ce climat d’incertitude, le Québec entrevoit aussi des possibilités. M. Czor met de l’avant des secteurs porteurs, notamment l’énergie et l’intelligence artificielle. Il ajoute que le Québec pourrait jouer un rôle accru dans l’Arctique, un territoire de plus en plus convoité. « L’Indo-Pacifique représente 40 % du PIB mondial… c’est un marché d’intérêt », souligne-t-il.

Bien que les changements climatiques semblent relégués au second plan dans certaines discussions, les trois panélistes soutiennent que ces enjeux restent au cœur des stratégies. « [À la CDPQ], le climat est traité comme un risque systémique de long terme », assure Mme Haroon. M. Czor indique que pour le MRIF, ils ouvrent aussi des champs d’expertise pour le Québec dans l’Indo-Pacifique. Mme Samson-Léger, pour sa part, mentionne que l’adaptation climatique représente environ 45-50 % du portefeuille annuel du CECI.


La conférence conclut sur l’image du Québec à l’international, jugée globalement positive. M. Czor l’explique par le statut particulier de la province et son « soft power » (pouvoir de convaincre). Présent à l’UNESCO et membre à part entière de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le Québec prévoit de participer au prochain sommet de la Francophonie au Cambodge, grâce à une délégation d’entreprises, annonce le chef de pupitre.

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