Le député Gabriel Nadeau-Dubois était au pavillon Jean-Brillant ce mercredi à midi devant 80 étudiants pour discuter de son passé de militant étudiant lors du Printemps érable de 2012. L’ancien porte-parole de Québec solidaire (QS) a partagé ses conseils pour élargir la portée d’une mobilisation étudiante.
Le député de Gouin à Montréal était l’invité spécial d’une conférence sur l’engagement étudiant, au cours de laquelle il est revenu sur son expérience en tant que figure marquante des mobilisations étudiantes de 2012. À l’époque, M. Nadeau-Dubois était co-porte-parole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE).
Cette responsabilité l’a propulsé parmi les visages les plus médiatisés de cette grève étudiante, encore à ce jour la plus longue de l’histoire du Québec et du Canada. « Jamais, même dans nos fantasmes les plus fous, n’aurait-on pu imaginer une mobilisation de cette ampleur-là, a-t-il affirmé. On ne pouvait pas prévoir que ça déborderait autant des frontières usuelles de la mobilisation étudiante. »
La professeure adjointe à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal et médecin de famille Claudel Pétrin Desrosiers animait la conférence. Elle s’est aussi remémoré la mobilisation étudiante de 2012, qui avait mené à une grève de neuf jours consécutifs de la Faculté, un record inégalé, selon elle « Je fais partie de celles dont l’engagement a été nourri par l’engagement des autres, dont celui de Gabriel en 2012 lorsqu’il s’est mobilisé, » a-t-elle précisé.
Une mobilisation étudiante pragmatique
M. Nadeau-Dubois décrit maintenant cette mobilisation comme le résultat d’années de préparation et de patience. « Les mobilisations ne vont pas toujours dans une direction irrémédiable, ce sont plus des vagues, a-t-il souligné. Les vagues partent et reviennent. C’est souvent le travail des vagues, une après l’autre, qui finit par éroder le statu quo et donner des résultats. »
Vers la fin de sa chefferie, l’ancien co-porte-parole de QS avait suscité des tensions au sein de son parti, notamment chez certains militants, en plaidant pour un virage plus pragmatique. Interrogé sur les éléments qui permettent de mener une mobilisation étudiante vers le succès et de la sortir du cercle militant, le député indique rester fidèle à cette approche. « Il faut d’abord des enjeux qui touchent les gens, a-t-il répondu. Il faut que l’objectif de cette mobilisation-là soit minimalement atteignable […] et il faut se donner le temps de préparer nos mobilisations. »

Après la conférence, les étudiants présents ont pu poser des questions et discuter avec M. Nadeau-Dubois à l’occasion d’un cocktail de réseautage organisé par le Centre de l’engagement étudiant de l’UdeM. Plusieurs participants qui s’intéressent à la mobilisation étaient présents pour aborder le militantisme étudiant.
L’étudiant de troisième année au baccalauréat en mathématiques et physique à l’UdeM Étienne Poliquin, qui s’implique à la FAÉCUM, estime pour sa part que les associations étudiantes doivent repenser leurs priorités pour mieux attirer l’attention de leurs membres. « Les choses ont changé depuis 2012, mais j’en ressors avec certaines idées de choses à changer dans ma manière d’être un militant », a-t-il confié à l’issue de la conférence.