RÉA forum éducation 2026
Chercheur·es et enseignant·es se sont retrouvés dans le hall d’honneur du Pavillon Roger Gaudry à l’occasion du forum des écoles associées de la Faculté des sciences de l’éducation.

Forum RÉA : une alliance pour l’éducation en milieu défavorisé

Le 5 mai dernier, le pavillon Roger-Gaudry a accueilli le premier forum du Réseau des écoles associées (RÉA). Ce projet ambitieux de la Faculté des sciences de l’éducation (FSÉ) transforme des écoles primaires et secondaires en véritables « hôpitaux universitaires » de la pédagogie. Chercheur·euse·s et enseignant·e·s y collaborent afin de rapprocher la recherche universitaire des réalités du terrain et de mieux soutenir les élèves issus de milieux défavorisés.

Près d’un an après son lancement officiel, le RÉA a donc présenté les premiers résultats issus de ses collaborations à l’occasion d’une conférence dans le cadre du forum. Le RÉA, qui s’inspire du modèle américain des écoles de perfectionnement professionnel (Professional Development Schools), vise à créer un lien fluide entre la recherche universitaire et la pratique en classe. L’objectif est clair : réduire les risques associés à la défavorisation dans une ville où près de 20 % des jeunes décrochent avant l’obtention d’un premier diplôme, selon la FSÉ.

Les concepteur·rice·s du projet présentent chaque école associée comme « l’équivalent d’un hôpital universitaire : un lieu intégré de formation, de recherche et de développement professionnel ». Le vice-recteur à la recherche et à l’innovation de l’UdeM, Vincent Poitout, est d’ailleurs venu présenter le Réseau de centres hospitaliers affiliés, dont pourrait également s’inspirer le RÉA. Soutenu par un financement philanthropique de 7 millions de dollars, celui-ci accompagne déjà des écoles de Laval et de Montréal sur des enjeux comme la lecture, l’inclusion et les modalités d’évaluation.

Le vice-recteur à la recherche et à l’innovation de l’UdeM, Vincent Poitout, présente le Réseau des centres hospitaliers affiliés.

Eurêka repense l’évaluation

Dans le cadre de sa collaboration avec l’école Eurêka de Laval, la FSÉ s’est concentrée sur les modalités d’évaluation. Le témoignage de l’équipe de l’école a été au cœur de la présentation afin d’illustrer les changements que le projet a apportés. « On voulait approcher l’évaluation d’une autre façon que la façon traditionnelle papier-crayon à une heure déterminée », a expliqué l’enseignante de sixième année à l’école Eurêka Marie-Lee Brisebois. L’équipe, accompagnée par la professeure adjointe au Département d’administration et fondements de l’éducation de la FSÉ Naomie Fournier Dubé, a délaissé les tests standardisés pour privilégier l’observation des élèves en contexte d’apprentissage.

« Avec ces activités qui sortaient du papier-crayon, c’est eux qui brillaient le plus, a constaté Mme Brisebois. Souvent, ils étaient plus compétents que nos élèves qui avaient tout le temps des 100 %. » L’enseignant en soutien langagier au Centre des services scolaires de Laval Jean-François Corriveau, a précisé que Mme Fournier Dubé proposait régulièrement à l’équipe des pistes inspirées de la recherche universitaire. Les enseignant·e·s les adaptaient ensuite pour créer des activités en classe.

Mme Fournier Dubé a insisté sur le fait que les enseignant·e·s sont les véritables « agents de changement ». Son rôle n’est pas d’imposer un cadre scientifique rigide, mais de vulgariser la recherche pour l’adapter aux besoins du terrain.

« Si on reste pris dans le carcan de la recherche, on ne peut pas la faire vivre »

– Naomie Fournier Dubé, professeure adjointe au Département d’administration et fondements de l’éducation de la FSÉ.

Des résultats encourageants 

La directrice de l’école Eurêka, Karine Legendre, s’est réjouie au cours du forum des résultats obtenus depuis la mise en place de ces nouvelles pratiques. Elle a notamment remarqué une hausse de 24 % du nombre d’élèves ayant une compétence assurée en français en sixième année. Au-delà des résultats scolaires, l’équipe a aussi observé une amélioration du bien-être des élèves.

Un petit questionnaire réalisé à la fin de l’année scolaire a ainsi démontré que les élèves ressentaient moins d’émotions négatives face à l’évaluation qu’au début de l’année. Devant ces résultats encourageants, la FSÉ prévoit donc de nouer de nouveaux partenariats avec d’autres écoles dans les prochaines années. 

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