FAÉCUM
© Ulysse Taillard-Hodez

FAÉCUM : plusieurs personnes dénoncent une « campagne de salissage »

La Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM) a tenu les 26, 27 et 28 mars derniers son congrès général annuel et a organisé les élections de son bureau exécutif, au sein de laquelle une candidature a été défaite à quatre voix près. 

Comme chaque année en mars, la FAÉCUM a tenu son congrès général. Et, comme presque tous les ans, un seul candidat était en lice pour chaque poste du bureau exécutif (BÉ). Les associations ont donc posé des questions sur la capacité des candidats à endosser leur poste respectif. 

L’ambiance a toutefois changé quand l’Association des étudiants et étudiantes en physique de l’UdeM (PHYSUM) a posé quatre questions, soit le maximum autorisé, à la candidate aux affaires externes, Gabrielle Manzo St-François, dont l’une portait sur d’éventuelles erreurs dans sa candidature. 

Un résultat qui fait réagir

Avant le dépouillement des votes, le Regroupement étudiant de psychologie et sociologie (RÉÉSUM) a d’ailleurs demandé une séance plénière, c’est-à-dire la possibilité pour les membres présents de discuter librement sans les personnes membres du BÉ ou candidates à celui-ci, du fait des « discussions » qui avaient eu lieu pendant les pauses. La proposition a toutefois été défaite par l’assemblée.

Au moment de l’annonce des résultats, la salle a applaudi la victoire des membres du BÉ, mais un silence s’est fait ressentir lorsque la présidence a révélé que la candidature de Gabrielle aux affaires externes avait été défaite, 47 voix s’étant prononcées contre celle-ci et 43 pour. 

Gabrielle confie être « extrêmement déçue et extrêmement fâchée ». « J’ai eu vent qu’il y avait eu une campagne de salissage à mon endroit durant le congrès, indique-t-elle. J’ai même eu vent qu’il y avait des groupes d’associations qui se sont parlé dans les couloirs, mais aussi dans les group chats [discussions de groupe] obscurs pour se coordonner entre eux dans le but de voter la chaise. » 

Le représentant de l’AÉPSUM, Noam Gosselin Arbaoui, affirme avoir été lui aussi informé, lors de la pause du midi, d’une coordination entre associations et d’une « campagne de salissage ». Pour lui, le résultat de l’élection et le refus des discussions en séance plénière démontrent que « toutes les discussions n’ont pas eu lieu pendant le congrès, mais dans les couloirs, durant les pauses, etc. ».

Le malaise persiste

« On est en train de réfléchir à des manières de s’assurer que la discussion qui peut avoir lieu entre les associations étudiantes se fasse de la manière la plus ouverte possible», assure le coordonnateur aux affaires externes de la FAÉCUM, Frédéric Beaudet, élu au secrétariat général pendant le congrès.

« C’est normal que les associations discutent entre elles à divers moments durant le congrès, précise-t-il. Il faut s’assurer que ça soit fait de manière la plus équitable possible pour tout le monde et qu’il y ait un accès symétrique à l’information pour toutes les associations étudiantes.» Il insiste sur la neutralité du BÉ dans le cadre des élections et de leur résultat. « Un congrès, ça dure une fin de semaine, donc évidemment qu’il y a eu une discussion dans les corridors, relativise-t-il. Je ne crois pas que ça ait eu un impact considérable sur l’issue des élections. » 

Certaines associations ont aussi fait part de leur malaise vis-à-vis du résultat de l’élection et ont tenu à faire inscrire leur dissidence au procès-verbal. « Une clique d’associations a rejeté Gabrielle pour sa différence dans ses idées, ses convictions et sa personne », dénonce le représentant de l’Association des étudiants et étudiantes du Département d’informatique et de recherche opérationnelle de l’Université de Montréal (AÉDIROUM) et candidat défait à la présidence du Conseil Central de la FAÉCUM, Matteo Delabre. Il regrette aussi que les associations opposées à la candidature aient refusé le débat en s’opposant aux discussions en séance plénière. 

Cette défaite signifie donc que le poste restera vacant pour quelques semaines. Une nouvelle élection aura lieu lors d’un congrès général extraordinaire, qui devrait se tenir le 28 avril prochain.

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