Sur le campus de la montagne de l’Université de Montréal, les techniques de construction du 20ᵉ siècle compliquent la connexion au Wi-Fi dans plusieurs pavillons. Depuis 2022, l’établissement investit des millions de dollars pour moderniser ses infrastructures technologiques, un chantier qui doit se terminer cette année.
Selon plusieurs témoignages, les pavillons André-Aisenstadt, Jean-Brillant et Roger-Gaudry, ainsi que le CEPSUM, sont quelques-uns des bâtiments du campus de la montagne où se connecter au réseau Internet sans fil de l’UdeM peut être particulièrement difficile.
Pour justifier ce phénomène, le directeur principal Exploitation des technologies de l’information (TI) et responsable de la modernisation des infrastructures du réseau Internet de l’UdeM, Carl Houde, soutient que « le plus gros défi, c’est surtout les vieux pavillons ». Il précise que « conduire [le signal Wi-Fi] à travers un mur de béton, c’est plus difficile que de passer à travers un plafond suspendu ».
Selon la professeure titulaire au Département de génie électrique de l’UdeM Brunilde Sansò, « plus le béton est épais, plus le signal est atténué et, si le béton est armé, la situation peut être encore pire ».
Elle stipule qu’« une onde de 2,4 GHz traverse plus facilement un mur, mais qu’il peut y avoir de l’interférence avec d’autres dispositifs qui fonctionnent sur la même bande ».
Un grand chantier
Pour pallier les problèmes de connectivité et les infrastructures vieillissantes, l’Université a lancé un vaste chantier de modernisation des infrastructures technologiques en 2022, à hauteur de plusieurs millions de dollars, selon M. Houde.
Pour ce faire, l’architecture complète du réseau fédérateur de l’établissement a été refaite. L’expert en TI explique qu’à l’origine, le réseau avait « une configuration en étoile », ce qui signifiait que toutes les données de l’UdeM transitaient par le pavillon Roger-Gaudry. « Le pavillon de Brossard était connecté sur la montagne, ça n’avait pas de bon sens », ajoute-t-il.
La mise à niveau des infrastructures a ainsi permis de connecter les trois centres de données de l’Université avec les 62 pavillons, les 900 salles de cours et les 14 bibliothèques sur un nouveau réseau en anneau. « C’est comme si on avait levé l’Université au complet, refait toutes les fondations, puis redéposé l’Université », illustre M. Houde.
Les utilisateur·ice·s déplorent également la déconnexion automatique des appareils du réseau.
Le directeur des TI explique qu’afin de permettre l’accès au Wi-Fi au plus grand nombre, « le réseau observe les connexions latentes et déconnecte celles qui sont inactives après une vingtaine de minutes ». Le problème n’est donc pas technique, mais vient d’un système de priorisation des connexions.
La dernière étape
Après quatre années de travaux, la dernière étape verra le jour en 2026. Elle constitue un recalibrage complet des 4 000 antennes Wi-Fi réparties sur l’ensemble des campus de l’Université.
« Le réseau de Wi-Fi de l’Université est énorme et il date un peu », précise M. Houde. Lorsque l’UdeM a commencé à le déployer, il y a une quinzaine d’années, la densité d’appareils connectés était estimée à environ 1,5 appareil par personne. Aujourd’hui, elle est estimée à 4,5. En conséquence, certaines zones ne sont plus adaptées à la demande de connexion. Pour le moment, près du quart des antennes ont été changées ou mises à jour. « On va donner un grand coup, on va changer possiblement 40 % du réseau d’antennes dans la prochaine année, année et demie », assure toutefois M. Houde.