L’année 2026 s’annonce intéressante pour l’industrie cinématographique, notamment au Québec. Coup d’œil sur ces films à venir.
Folichonneries (2025) d’Éric K. Boulianne
Premier long métrage du scénariste et acteur québécois Éric K. Boulianne. Sorti le 30 janvier 2026, Folichonneries suit un couple marié depuis 16 ans qui cherche à raviver sa flamme. Ce film est une discussion sur l’amour et la bienveillance dans un couple. Selon le responsable de l’Observatoire du cinéma au Québec et enseignant à l’UdeM, Thomas Carrier-Lafleur, « le cinéma québécois a longtemps été dans une optique un peu plus dramatique, des drames familiaux, des films très mélancoliques. Après la pandémie, il y a eu un côté […] de générosité, puis une envie de présenter des personnages plus positifs. Folichonneries souligne tout à fait ça. »

La mécanique des frontières (2026) d’Hubert Caron-Guay
En mars, le réalisateur Hubert Caron-Guay présentera son premier long métrage, La mécanique des frontières, qui narre l’histoire d’un jeune de 19 ans travaillant dans un abattoir en Beauce et partant en Arizona pour rejoindre sa sœur. Ce voyage ravive un passé familial marqué par l’absence et déclenche une quête pour reconstruire les liens fraternels brisés. « C’est un cinéaste très engagé politiquement et socialement, je suis très intrigué de voir ce premier long métrage de fiction », avoue le président de l’Association québécoise des critiques de cinéma, Bruno Dequen.

Marche commune (2025) de Sylvain L’Espérance
La projection dans les salles de ce film-collage du cinéaste Sylvain L’Espérance plonge le public dans 125 ans de cinéma, présentant l’humanité et les points communs de la société.
« Ce qui est intéressant, c’est de voir comment le réalisateur s’approprie des archives déjà existantes, puisque le point de départ, c’est un montage de plus d’une centaine […] de courtes séquences de gens qui marchent à travers l’histoire du cinéma, de voir comment il arrive à recontextualiser ou comment on réfléchit soi-même au concept de marche et à quel point il peut être lié à des enjeux politiques », explique M. Dequen.

Chronique d’une ville (2026) de Nadine Gomez
Ce film est un essai documentaire et un portrait de villes en constant développement, mises en lumière grâce aux visuels et aux sons, pour une expérience interne immersive. « Ça s’ancre vraiment dans ce que fait Nadine Gomez depuis ses débuts, précise M. Dequen. On est un peu dans le documentaire à sujet, parce que ça montre quand même des aspects spécifiques de chaque ville, mais en même temps, il y a quelque chose d’un peu plus nébuleux et d’un peu plus philosophique. »

Nina Roza (2026) de Geneviève Dulude-De Celles
Une jeune artiste bulgare attire l’attention de Mihail, un collectionneur. Celui-ci retourne dans son pays d’origine 30 ans après l’avoir quitté et affronte les fantômes de son passé. Projeté en avril, « c’est un film entre le Québec et la Bulgarie, sur le rapport à l’histoire, le rapport à l’art, indique M. Dequen. Le film est en compétition officielle au Festival de Berlin, ce qui est assez prestigieux pour une cinéaste québécoise […] c’est une coproduction entre plusieurs pays, un projet assez ambitieux qu’elle porte depuis des années. »
