Campus - Beaucoup d'étudiant·e·s se dirigent vers le métro le plus près du campus à la fin des cours. Crédit: Simone Gingras
Beaucoup d'étudiant·e·s se dirigent vers le métro le plus près à la fin des cours. Crédit: Simone Gingras

Comment bien habiter le campus ?

À la fin des heures de cours, des foules circulent sur les trottoirs en direction du métro le plus proche. Alors que les couloirs de l’Université de Montréal (UdeM) sont vides, les bibliothèques et le CEPSUM réussissent à réunir la communauté étudiante sur le campus.

« La majorité des espaces à l’Université de Montréal ne favorisent pas les échanges et les rassemblements informels, » explique le photographe-chercheur, doctorant et chargé de cours à l’UdeM Alexandre Campeau-Lavallée.

Bien que la situation varie selon les différents pavillons du vaste campus, il tient à mettre de l’avant la dualité entre son architecture et son environnement. « Il y a une tension entre l’austérité de l’apparente fermeture des bâtiments et la vastitude verdie du campus, » constate-t-il.

Une architecture austère

Situé entre la nature et le quartier résidentiel, « le dénivelé est au cœur du campus ». Ce dernier ne s’intègre toutefois pas très bien au tissu urbain, selon M. Campeau-Lavallée, qui le compare au campus de l’Université McGill, situé de l’autre côté de la montagne. « C’est un campus un peu à mi-chemin entre les universités urbaines et les universités anglo-saxonnes traditionnelles », précise le chargé de cours.

Il décrit l’architecture de certains pavillons de l’Université comme « belliqueuse et militaire » et donne en exemple les meurtrières et les mâchicoulis du pavillon Lionel-Groulx, le pont-levis de celui d’architecture, ainsi que la tour Roger-Gaudry, qui surplombe la ville. 

Pour M. Campeau-Lavallée, « l’espace n’est pas programmé pour la rencontre » et plusieurs des pavillons sont « une boîte avec des locaux de cours ».

Toutefois, certains bâtiments se démarquent, notamment le campus MIL, inauguré le 20 septembre 2019, qui se distingue par sa conception réfléchie pour en faire un tiers-lieu pour les étudiant·e·s. « Les espaces internes sont vastes, ils favorisent les rencontres, le travail d’équipe et les discussions », souligne le chargé de cours.

Joindre l’utile à l’agréable

Tandis que plusieurs étudiant·e·s se précipitent vers chez eux à la fin de la journée, l’étudiant de quatrième année au baccalauréat en génie civil à Polytechnique Slim Fakhfakh reste sur le campus presque tous les jours après les cours. Il étudie avec des ami·e·s à la bibliothèque et s’entraîne au CEPSUM quatre à cinq fois par semaine. Il remarque que l’Université se vide après 18 h 30, mais que le CEPSUM et les bibliothèques sont des lieux habités, qui permettent de créer et d’entretenir des liens sociaux.

Le dénivelé fait partie de l’identité du campus de l’UdeM. Crédit: Simone Gingras

C’est l’aspect social qui l’incite notamment à fréquenter ces lieux. « C’est motivant de rester étudier avec des amis », poursuit le futur ingénieur. Il aime s’entraîner au CEPSUM pour sa proximité avec le campus, mais aussi parce qu’il peut y former une communauté. « Être dans une salle de sport avec des jeunes, des étudiants de Poly, de HEC, de l’UdeM, tu es entouré par des étudiants, tu crées de nouvelles connexions, de nouveaux amis et ça, c’est bien », avoue-t-il.

Slim remarque néanmoins le manque d’espaces dédiés aux rencontres et à la détente à même les pavillons de l’UdeM et les services alimentaires en soirée. Selon lui, de tels espaces inciteraient les étudiants à habiter le campus. 

Un tiers lieu est un espace pour se retrouver qui n’est ni le travail, ni la maison. Le café de physique La Plank au pavillon MIL en est un bon exemple. Crédit: Simone Gingras

En outre, plusieurs cafés étudiants, comme Acquis de Droit, le café Triton du pavillon de musique et l’Établi, au pavillon de l’aménagement, ont fermé en 2026, faisant ainsi perdre à la communauté étudiante de véritables tiers-lieux.

Tiers-lieu

Espace physique où il est possible de travailler, d’échanger, de se réunir, de faire des rencontres, dans une volonté de créer des interactions et de développer des initiatives collectives.

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