La fermeture du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) par la CAQ en novembre dernier a plongé les étudiant·e·s internationaux·ales dans l’incertitude. (Crédit: Simone Gingras)
La fermeture du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) par la CAQ en novembre dernier a plongé les étudiant·e·s internationaux·ales dans l’incertitude. (Crédit: Simone Gingras)

Comment les étudiant·e·s internationaux·ales vivent-ils les élections ?

Du 27 août au 5 octobre 2026 se déroule la campagne électorale des élections générales provinciales, qui sont déterminantes pour l’avenir au Québec de plusieurs étudiant·e·s internationaux·ales de l’Université de Montréal (UdeM). 

« Ma première préoccupation politique, c’est de savoir si je vais pouvoir rester ou pas », explique l’étudiant de deuxième année à la maîtrise en affaires publiques et internationales à l’UdeM Mathieu Naudin. Le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) est la voie principale que prennent les étudiant·e·s internationaux·ales afin d’obtenir leur résidence permanente. Lorsque la Coalition Avenir Québec (CAQ) de François Legault a décidé d’y mettre fin en novembre 2025 avant de le rouvrir en juillet 2026, de nombreuses personnes pensaient devoir faire une croix sur leur avenir au Québec. « Ça a été un choc de voir la fermeture du PEQ », confie Mathieu. 

La Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAECUM) et son secrétaire général, Frédéric Beaudet, communiquent avec les partis politiques afin d’aider la communauté étudiante internationale. « Une de nos grosses demandes, c’est de […] régulariser ou de clarifier l’accès à la résidence permanente pour les personnes étudiantes internationales qui diplôment ici », explique Frédéric. 

Les différentes modifications dans les programmes de demande de résidence permanente, en plus du changement d’attitude de certains partis politiques vis-à-vis de l’immigration temporaire et des procédures administratives lourdes, endommagent la réputation du Québec comme destination pour étudiant·e·s internationaux·ales et contribuent à leur incertitude. 

« Une personne qui veut s’établir ailleurs ne va pas vouloir s’établir dans un endroit où il est impossible de se projeter dans un horizon de trois ans », souligne le secrétaire général de la FAÉCUM. 

L’étudiante de troisième année au baccalauréat en économie et politique à l’UdeM Idil Abdoul-Wahab partage cette incertitude. « Au début, quand je suis venue, je pensais rester et poursuivre à la maîtrise, indique-t-elle. Je suis venue ici en me disant que ça allait être plus facile d’obtenir des opportunités, et j’ai vu que ces dernières années, ça s’est beaucoup compliqué. »

Référendum, enjeu de société 

La question d’un référendum sur l’indépendance du Québec, portée par le Parti québécois, fait aussi débat. Le parti, dirigé par Paul Saint-Pierre Plamondon, est de plus en plus critiqué pour sa conception d’une identité québécoise qui serait de moins en moins inclusive. « Dans cette élection particulièrement, on trouve qu’il y a une instrumentalisation de l’autre et de la laïcité, et les personnes de la communauté étudiante internationale se trouvent souvent à l’intersection de ces réalités », précise Frédéric.

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