En 2025, au Canada, entre 49 % et 60 % des étudiant·e·s universitaires de 20 à 29 ans étaient sur le marché du travail en parallèle de leurs études, selon Statistique Canada. Un choix qui paraît évident à première vue, mais semble relever de décisions autres que monétaires pour certain·e·s, qui oscillent entre apprentissage et passion.
Bien que financer ses études soit un besoin inhérent pour la majorité des étudiant·e·s, d’autres motivations les poussent à travailler. L’étudiant de deuxième année à la maîtrise en urbanisme à l’Université de Montréal Elliot Davis est serveur et barman chez Nora Gray, un restaurant prisé de la petite Bourgogne à Montréal, environ deux soirs par semaine.
Pour lui, ce travail lui donne l’occasion de s’adonner à sa passion pour la restauration, qu’il tend à nourrir en parallèle de celle de l’urbanisme. « Ça fait comme 5-6 ans que je travaille dans les restaurants de manière plus sérieuse, confie-t-il. Pour moi, il s’agit d’un emploi où j’apprends beaucoup et où je me dépasse, donc l’argent, c’est sûr que c’est une motivation, mais il y a ça aussi. C’est quelque chose d’autre en parallèle de mes études, qui me passionne. »
« On s’assure qu’ils ont un bon équilibre entre emploi et études ».
Robert Weeks, Copropriétaire du bar Bisou Bisou, à Montréal
Pour d’autres, l’éthique de travail revêt un aspect attrayant qui permettrait de se forger en tant qu’individu, en plus des études. L’étudiante de troisième année au baccalauréat en microbiologie et technicienne en pharmacie à temps partiel chez Familiprix Nesrine Mehlin a trouvé grâce à son emploi une vertu importante en ce qui a trait aux responsabilités. « Je travaille pour me responsabiliser, mais aussi un peu pour ouvrir mes horizons, car l’éthique que le travail amène n’est pas comparable à l’éthique de l’école, estime-t-elle. Mais je dirais que l’aspect négatif d’avoir un travail pendant mes études est le fait que je ne peux pas faire tant d’argent que ça à cause des horaires. »
Les étudiant·e·s universitaires, une plus-value pour les entreprises
Les employeur·euse·s, de leur côté, soulèvent une diversité de raisons d’engager des étudiant·e·s, notamment leur ouverture sur le monde, venant fortifier la qualité de leur service. Le copropriétaire du Café Pista et de ses franchises, Julien Charmillot, affirme que malgré un besoin d’embaucher du personnel à temps plein, les étudiant·e·s à temps partiel viennent agrandir ses équipes. « Ça vient ajouter une belle complémentarité à nos temps pleins et ça répond à des standards de qualité bien établis », énonce-t-il.
Pour d’autres entreprises, l’attrait de la main-d’œuvre étudiante serait la perspective de celle-ci sur le monde, différente de celle du reste de la main-d’œuvre, en raison de ses études supérieures. Le copropriétaire du bar Bisou Bisou, situé dans le Vieux-Montréal, Robert Weeks, soutient que les universités sont un endroit culte pour apprendre à communiquer et pour se forger. « On emploie des gens qui répondent au style d’hospitalité qu’on recherche et on s’assure qu’ils ont un bon équilibre entre emploi et études », assure-t-il.
En 2025, plus de la moitié des étudiant·e·s âgés de 20 à 29 ans étaient en situation d’emploi, alors que le taux de chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans était de 14,7 % pour le mois de septembre et celui des jeunes âgés de 25 à 29 ans de 8,2 %*.
* Statistique Canada (2025) : Les jeunes doivent composer avec un marché du travail difficile durant l’été et jusqu’en septembre, 28 octobre 2025. En ligne, consulté le 5 février 2026 : ‹https://www.statcan.gc.ca/o1/fr/plus/8640-les-jeunes-doivent-composer-avec-un-marche-du-travail-difficile-durant-lete-et-jusquen›.