Chaque année, des étudiant·e·s de l’Université de Montréal (UdeM) quittent le Québec, le temps d’une ou deux sessions, dans le cadre d’un programme d’échange étudiant. Entre inquiétudes, adaptation et transformation personnelle, les étudiantes Mishka Caldwell-Pichette et Alexia Ringuette racontent comment cette expérience a redéfini leur parcours et les a fait grandir.
À Stockholm, l’étudiante de deuxième année au baccalauréat en études internationales Mishka Caldwell-Pichette voit son quotidien s’adoucir. « À Montréal, ça bouge tout le temps, c’est dynamique, mais Stockholm, à l’inverse, c’est beaucoup plus calme », observe-t-elle. Elle prend goût à la fika, un rituel quotidien au cours duquel les Suédois·ess conversent autour d’une boisson chaude et d’une pâtisserie comme la kanelbulle, le fameux roulé à la cannelle.
Son arrivée ne s’est pourtant pas déroulée comme prévu. Son vol a été retardé et lui a fait manquer la navette de l’Université. Elle a donc pu récupérer les clés de sa résidence seulement le lendemain et a donc dû trouver un hébergement temporaire. « Ça m’a lancée assez rapidement dans ce rythme de devoir m’adapter », confie-t-elle.
Deux villes, deux rythmes
L’Université de Stockholm fonctionne différemment : un seul cours est donné à la fois, mais de façon intensive. « La charge de travail n’est pas moins élevée, mais il y a un meilleur équilibre, il n’y a pas vraiment de mi-session ou de fin de session », poursuit Mishka. Ce rythme lui permet d’explorer la ville et de voyager en Europe, notamment en Islande et en Estonie, où elle a d’ailleurs eu un véritable coup de cœur pour Tallinn, la capitale du pays.
À Venise, l’immersion prend une autre couleur. L’étudiante de troisième année au baccalauréat en écriture de scénario et création littéraire Alexia Ringuette se souvient d’un quotidien rythmé par les cappuccinos, les spritz et les cichetti, des petites bouchées vénitiennes. Bien qu’elle soit italo-canadienne, entendre surtout de l’italien la déstabilise légèrement au début, mais elle s’adapte vite à cette nouvelle réalité linguistique. « Ce qui m’a le plus émerveillée à mon arrivée, c’est de devoir prendre le vaporetto pour aller d’un campus à l’autre », précise-t-elle.

L’échange étudiant, un gouffre financier ?
La crainte financière constitue souvent le premier frein que rencontrent les étudiant·e·s qui souhaitent expérimenter l’échange. La coordinatrice en mobilité étudiante à l’UdeM, Marie-Christine Breault, assure que « plusieurs possibilités de financement existent, notamment des bourses » et que les étudiant·e·s sont accompagné·e·s dans la planification de leur budget et leur séjour.
La porte-parole de l’UdeM, Geneviève O’Meara, ajoute que certaines universités partenaires réservent des places en résidence, réduisant ainsi les frais de logement.
Lorsque Alexia était à Venise, la bourse McCall MacBain a entièrement couvert ses frais universitaires et quotidiens. « Je trouve la vie plus chère à Montréal, mais pour le loyer, c’est plus cher à Venise », constate l’étudiante. En colocation, les loyers sont d’environ 900 dollars canadiens à Montréal, mais atteignent rapidement entre 1 100 et 1 600 dollars canadiens à Venise.
| Quel budget mensuel pour se loger lors d’un échange étudiant ?Loyer mensuel estimé (par personne) en colocation pour 3 personnes – 2026 | ||
| La ville | Fourchette mensuelle (CAD) | |
| Montréal (Canada) | 600-900 CAD | |
| Paris (France) | 1 000-1 400 CAD | |
| Venise (Italie) | 900-1 600 CAD | |
| Stockholm (Suède) | 900-1 300 CAD | |
| Séoul (Corée du Sud) | 500-900 CAD | |
| Rio de Janeiro (Brésil) | 250-600 CAD | |
| Sources : Université de Montréal (guide logement étudiant), Immojeune (études de loyer étudiant en France), Idealista (annonces immobilières en Italie), Numbeo (comparateur coût de la vie), Mangrove.city (logement étudiant Séoul) | ||
Une expérience qui façonne l’identité
Avec le temps, Mishka apprend à composer avec l’imprévu. Les rencontres qu’elle fait à Stockholm élargissent sa vision du monde. Elle avoue avoir « réalisé la chance [qu’elle] avai[t] de pouvoir vivre cette expérience par choix » au contact d’étudiant·e·s venu·e·s de pays marqués par la guerre ou l’exil.
Depuis son retour à Montréal, Alexia est pour sa part devenue plus indépendante et a conservé le goût de s’engager dans toutes sortes d’activités. Son séjour à Venise lui a permis de prendre le temps de s’immerger dans la communauté locale et de discuter avec celles et ceux qui l’habitent et la font vivre.