Yvonne, princesse de Bourgogne

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Par Pascaline David
lundi 5 décembre 2011
Yvonne, princesse de Bourgogne

Yvonne, princesse de Bourgogne : pièce de théâtre écrite par Witold Gombrowicz, l’enfant terrible de la littérature polonaise, mise en scène par Louis-Karl Tremblay, une troupe de 15 acteurs sur la scène du théâtre Prospero, rue Ontario. Une pièce à la hauteur de son titre : 1h45 d’absurdité humaine dans la cour de Bourgogne.

Yvonne, princesse de Bourgogne est une pièce pour les grands enfants. Il s’agit vraiment d’une histoire de princes et de princesses, qui captive, fait rire et sourire. Elle dégage un reflet des superficielles préoccupations des classes embourgeoisées de toutes époques, un message qui fait un peu réfléchir, mais pas vraiment. Yvonne, princesse de Bourgogne, c’est surtout un doux divertissement, franchement rafraîchissant.

Philippe (Francis-William Rhéaume) et Yvonne (Ariane Lacombe)

Sur un coup de tête, le prince Philippe décide de se fiancer à l’insignifiante Yvonne. Yvonne a le sang paresseux, elle est « follement stupide et absurdement unique ». Elle est flegmatique, se traîne les pieds, ne communique pas. Elle ne fait ni de ski ni de ski nautique comme les font les autres jeunes filles. Elle est accoutrée comme votre grand-mère et fixe le sol la plupart du temps. Le prince Philippe en est fasciné.  « Elle me met tellement hors de moi que je vais l’épouser! », déclare-t-il. Il affirme aussi se marier « par surabondance ».  Le roi Ignace et la reine Marguerite, superbement royaux, croient d’abord à une blague. Puis, constatant le sérieux du Prince Philippe et considérant la noblesse de ses intentions, ils décident de faire preuve d’ouverture d’esprit et d’accueillir Yvonne au château. « L’esprit évangélique de notre fils nous ravit », commente la reine Marguerite. Cet événement sème la confusion dans toute la cour de Bourgogne, qui comprend belle bande de joyeux lurons.  « C’est une plaisanterie follement chic », s’acharne à croire la jeune élite.

Ignace (Peter Batakliev) et Chambelland (Sébastien David) , au naturel.

Sans plonger dans les profondeurs de l’âme humaine, Yvonne, princesse de Bourgogne survole la complexité des relations humaines. Suite à l’entrée d’Yvonne à la cour de Bourgogne, la plupart des personnages sont débalancés et évoluent rapidement vers une remise en question psychologique. La plupart perdent le sang froid et la classe qu’exige leur position sociale. La nature reprend le dessus de façon burlesque.

D’une exubérance à côté de laquelle il ne fallait pas passer, la mise en scène de Louis-Karl Tremblay est tout à fait appropriée. Les personnages sont attachants et terriblement humains dans leur égocentrisme et la légèreté de leurs réflexions sur l’amour. La cour se déplace en essaim, ce qui fait sourire à tout coup, le jeu de la reine Marguerite est fabuleux, l’environnement sonore ajoute une touche moderne à cet univers de château et de cour.  L’incontournable chorégraphie des jeunes de la cour lors du bal royal se vaut certainement une mention.

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Philippe (Peter Batakliev) et Marguerite (Markita Boies)

 

Il faut ajouter que Louis-Karl Tremblay ne s’est pas trompé dans le choix de la pièce, sur laquelle il est tombé par hasard. Yvonne, princesse de Bourgogne est en effet superbement écrite et les dialogues sont une musique pour les oreilles, un apaisement de l’esprit.

Yvonne, princesse de Bourgogne est présentée par le théâtre Point d’Orgue au théâtre Prospero jusqu’au 17 décembre 2011.