Vers la mobilité durable

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Par Camille Dufétel
mercredi 26 novembre 2014
Vers la mobilité durable
Louiselle Sioui travaille aujourd’hui dans le domaine de la planification des transports.
Crédit photo : Isabelle Bergeron
Louiselle Sioui travaille aujourd’hui dans le domaine de la planification des transports.
Crédit photo : Isabelle Bergeron
La Québécoise de 29 ans Louiselle Sioui est diplômée depuis le début de l’automne d’un doctorat de l’École polytechnique de Montréal. La jeune femme s’est spécialisée dans l’étude des indicateurs de mobilité durable et a aujourd’hui obtenu un poste d’ingénieure junior en planification des transports urbains au sein du ministère des Transports. Portrait d’une postdoctorante déterminée.

«J’ai fait mon baccalauréat à Poly­technique, explique Louiselle. Je trouvais que le génie était très technique et j’ai commencé à m’intéresser à un domaine plus social, celui des transports. » Louiselle a donc entrepris une maîtrise en sciences de l’environnement à l’UQAM, qu’elle a terminée en 2009 avant de retrouver Polytechnique pour y faire un doctorat spécialisé dans l’approche pragmatique et opérationnelle de la mobilité durable.

« Faire un doctorat, ça ne m’apportait rien en termes d’argent, dit Louiselle. Mais mon caractère va avec le milieu de la recherche, donc je me suis dit que si j’avais le financement pour le faire, je me lancerais. Et puis mon projet de recherche me motivait . » Selon Louiselle, c’est le fait d’avoir complété ce doctorat spécialisé qui lui a permis d’obtenir un emploi dans le domaine des transports.« La planification des transports, c’est un sujet social et politique, indique-t-elle. Tout le monde a son avis là-dessus et ça m’intéresse beaucoup. »

Selon le chercheur à la chaire Mobilité de la Polytechnique Hubert Verreault, Louiselle s’est grandement investie dans ses études. « Louiselle est la meilleure étudiante que l’on ait eu la chance de superviser dans le cadre d’études supérieures, souligne-t-il. C’est une personne qui ne refusait jamais d’apporter son aide aux autres et elle était vue comme la personne-ressource par tous les autres étudiants de notre groupe de recherche. »

Un véritable engagement

Louiselle n’a pas ressenti une présence masculine prépondérante pendant son doctorat. « On était à peu près autant de femmes que d’hommes dans ma spécialisation, mais c’est vrai qu’en général, au doctorat, il y a plus d’hommes, dit-elle. Je pense que certaines femmes se projettent moins pendant leurs études parce qu’il y a plus de professeurs hommes. »

La conciliation des études et de la vie de famille est également difficile, selon elle, pour quiconque s’engage à se lancer dans un doctorat. « C’est vrai qu’on peut prendre une pause d’un an pour avoir un enfant, mais ça peut être aussi culpabilisant parce que le doctorat est un véritable engagement que l’on prend », juge-t-elle.

Cet engagement, Louiselle a décidé d’y faire honneur, malgré une charge de travail importante. « Elle n’a pas eu peur de se lancer dans un projet très complexe qui comprenait autant les dimensions sociales que scientifiques, et ce n’était pas une mince affaire », estime un étudiant au même doctorat Pierre-Léo Bourbonnais.

Selon la professeure agrégée au Département des génies civil, géologique et des mines de l’École Polytechnique Louise Millette, le travail fourni par Louiselle est de haut calibre. « Elle est un exemple, à mon sens, du nouvel ingénieur qui sera encore mieux à même de contribuer à construire autrement la société de demain », assure celle qui a fait partie du jury de thèse de Louiselle. Sa persévérance permet aujourd’hui à la postdoctorante d’entreprendre une carrière dans un milieu qu’elle connaît très bien, et qui la passionne.