Une plateforme de partage des ressources éducatives au Bénin

icone Societe
Par Edouard Ampuy
jeudi 24 octobre 2019
Une plateforme de partage des ressources éducatives au Bénin
Abdel Fréjus Tognibo Kenali, actuellement au DESS en santé environnementale mondiale, compte poursuivre ses études à l’UdeM l’année prochaine tout en continuant de développer la plateforme ONIVEAU Crédit: Courtoisie d'Abdel Fréjus Tognibo Kenali
Abdel Fréjus Tognibo Kenali, actuellement au DESS en santé environnementale mondiale, compte poursuivre ses études à l’UdeM l’année prochaine tout en continuant de développer la plateforme ONIVEAU Crédit: Courtoisie d'Abdel Fréjus Tognibo Kenali
La plateforme ONIVEAU, créée par l’étudiant au DESS en santé environnementale mondiale à l’UdeM Abdel Fréjus Tognibo Kenali, cherche à égaliser les chances de réussite des élèves du système scolaire béninois. Finaliste du gala Forces AVENIR le 10 octobre dernier dans la catégorie « Entraide, paix et justice », le projet a remporté une bourse de 2000 $.

Lancée en 2016, la plateforme ONIVEAU est née d’un constat. « Le Bénin est un pays en voie de développement où 49 % de la population vit avec moins de 1 $ par jour, explique Abdel Fréjus Tognibo Kenali. Dans ces conditions, il n’est pas permis à tous les parents d’inscrire leurs enfants dans des écoles dites d’excellence. »

Abdel spécifie qu’au Bénin, le taux de réussite aux examens ne dépasse pas les 40 %. Avec ONIVEAU, il veut encourager le partage des ressources éducatives, afin que les tous les élèves du pays puissent se préparer aux examens. « L’idée était de créer une plateforme éducative sur laquelle nous collectons et partageons les épreuves, les devoirs, les corrections, les manuels, les livres de ces écoles d’excellence, résume-t-il. Ensuite, nous mettons tout ça en ligne et en téléchargement gratuit. », précise-t-il. Actuellement, la plateforme atteint les 1 000 téléchargements par jour.

Dans son projet, Abdel est épaulé par deux collaborateurs bénévoles qui travaillent sur le terrain au Bénin, pour récolter les différents documents. 

Des établissements difficiles à convaincre

L’étudiant reconnaît que l’élaboration de la plateforme a été confrontée à différents obstacles. Certaines écoles se sont montrées réticentes à partager leurs ressources. « Sur les quinze écoles dites d’excellence, cinq nous ont délibérément laissé leurs épreuves, mais d’autres ont été difficiles à convaincre, déclare-t-il. Actuellement, nous sommes en partenariat avec huit d’entre elles. »

cism

La gratuité du service offert par ONIVEAU a convaincu les directeurs de plusieurs écoles catholiques, également prêtres, d’accompagner l’entrepreneur. « Nous leur avons expliqué que nous ne générons pas d’argent via la plateforme, développe Abdel. Nous utilisons notre propre argent pour scanner les documents, mettre en ligne les épreuves, et pour le maintien d’ONIVEAU. Tout ça est payé de notre poche. » Selon lui, ce discours a touché les prêtres, qui ont finalement décidé de les soutenir.

Abdel concède également que ses compétences en informatique sont limitées. « J’ai dû engager un développeur avec mes propres sous, et je continue de payer chaque mois pour la plateforme et pour le développeur », explique-t-il.

Ce projet reste pour le moment personnel, mais l’étudiant avoue qu’un appui de la part de l’UdeM serait le bienvenu. « L’Université serait un appui technique pour revoir la plateforme et ajouter des idées que j’ai en tête, illustre-t-il. J’aimerais aussi collaborer avec elle pour proposer des bourses d’études aux nouveaux étudiants de mon pays et de l’Afrique de l’Ouest, à travers la plateforme. »

Le jeune trentenaire révèle qu’ONIVEAU est une plateforme qui va continuer à se développer. « J’ai des idées et des projets dans le domaine de l’environnement et dans celui de l’économie, que je souhaite intégrer à la plateforme », informe Abdel. Il s’agira de mettre en pratique ses connaissances acquises en cours pour participer à la lutte contre le réchauffement climatique.