Le film sortira le 18 avril à Montréal au cinéma Beaubien, à Québec au cinéma Le Clip et à Sherbrooke à la Maison du cinéma.
Le film sortira le 18 avril à Montréal au cinéma Beaubien, à Québec au cinéma Le Clip et à Sherbrooke à la Maison du cinéma.

Une nouvelle place pour les forêts urbaines

Écrit et réalisé par Anne-Marie Rocher, le documentaire Forêts urbaines prendra l’affiche au Québec le 18 avril prochain. Cette œuvre met en lumière des projets citoyens visant à préserver la nature dans plusieurs villes canadiennes et québécoises. 


Forêts urbaines puise sa force dans la richesse de ses intervenant·e·s, qui offrent des perspectives variées autour de la protection de la nature. Le long métrage réunit ainsi les témoignages de spécialistes en sciences environnementales et d’associations comme l’organisme d’agriculture urbaine Canopée, ainsi que de étudiant·e·s de programmes d’études consacrés à la foresterie urbaine.  

« Le manque de compréhension humaine est probablement le facteur qui nuit le plus aux arbres en milieu urbain », déclare le professeur d’écologie forestière à l’Université du Québec en Outaouais et à l’Université du Québec à Montréal Christian Messier, au début du documentaire. Son discours fait écho à la démarche de la cinéaste Anne-Marie Rocher : éveiller les consciences aux bienfaits des espaces naturels en ville, ainsi qu’aux initiatives locales pour les restaurer.

Le documentaire alterne entre entrevues classiques et plans de paysages urbains. Bien que le montage respecte les codes de son genre, les choix de cadrage révèlent des intentions de mise en scène intéressantes. L’utilisation de plongées verticales fait ressentir à la fois l’immensité des forêts et leur risque d’être envahies par la ville. En effet, la gestion des espaces verts implique des moyens financiers conséquents, et devient fragile sans le soutien des municipalités. Au-delà d’illustrer l’enjeu environnemental, les plans de paysages incarnent la lutte du règne végétal pour survivre parmi celui du minéral.

Anne-Marie Rocher choisit d’aller à l’encontre du défaitisme que peut entraîner l’ampleur des défis liés à l’entretien des forêts urbaines. En présentant diverses initiatives citoyennes, le documentaire prouve qu’agir au quotidien et à son échelle est possible. Quelques moments de grâce portent ce message d’espoir. Les déplacements de la caméra au milieu des feuillages colorés, filmant la cime des arbres baignée de soleil, immergent le public dans un panorama grandiose. Les scènes suivant des étudiant·e·s du programme en foresterie urbaine de l’Université de Colombie-Britannique offrent d’authentiques pauses sensorielles, que rehaussent des sons d’ambiance. 

En traitant de questions environnementales au Canada, Forêts urbaines ouvre une perspective intersectionnelle pertinente et met également l’accent sur le programme Nikibii Dawadinna Giigwag. Celui-ci offre une formation aux jeunes autochtones et remet la connexion à la terre au centre de leur cursus, dans un esprit communautaire. Le documentaire rappelle ainsi l’implication de toutes les populations pour préserver des écosystèmes, dans un contexte où sévissent encore les conséquences de la colonisation. 

Au cours du long métrage, un parallèle se dessine entre les personnes qui conservent les espaces forestiers et la réalisatrice qui documente leurs actions. Anne-Marie Rocher tourne également son œuvre vers l’avenir en présentant de nouvelles technologies mises au service de la foresterie, comme l’utilisation de drones pour cartographier les espaces verts. Plus qu’un simple documentaire, Forêts urbaines est un véritable appel au public à apprécier et à défendre la nature qui l’entoure, pour les générations futures. 

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