Cette année, l’équipe féminine de flag football rejoint officiellement la famille des Carabins de l’Université de Montréal. Pour les joueuses et les entraîneur·euse·s, ce changement marque le début d’une nouvelle ère.
À la rentrée de septembre, l’équipe féminine de football drapeau, plus couramment désigné par son nom anglais « flag football », a fait son entrée officielle chez les Carabins de l’Université de Montréal (UdeM), quatre ans après sa création en tant que ligue universitaire. Pendant longtemps, intégrer l’organisation des Carabins était un « rêve » pour l’étudiante de première année au baccalauréat en enseignement de l’éducation physique et à la santé et receveuse de l’équipe de flag football féminin, Anne-Frédérique Tardif.
Comme plusieurs autres joueuses, Anne-Frédérique pense déjà aux Jeux olympiques (J.O.) de 2028 à Los Angeles, qu’elle considère comme « un rêve collectif ». En effet, le flag football fera partie des disciplines olympiques pour la première fois, ce qui constitue une véritable « marque de crédibilité », selon l’un des entraîneurs de l’équipe, Alexandre Desjardins.
Cette crédibilité se reflète également dans les statistiques du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ). « Chaque année, le RSEQ fait un tableau de participation pour chaque sport et, pour le flag football, la courbe est exponentielle », se réjouit l’étudiante à la maîtrise en sciences de l’orthophonie et de l’audiologie et poursuiveuse au sein de son équipe, Noémie Olmand. En outre, parmi les joueuses qui composent l’équipe de flag football sénior du Canada cette année, 22 des 24 athlètes sont québécoises. « Je suis prêt à dire haut la main qu’on est la meilleure ligue universitaire au monde », affirme M. Desjardins avec assurance.
Noémie espère toutefois que l’intérêt pour ce sport se maintiendra une fois les J.O. passés. « J’aimerais que, dans cinq ans, la ligue se porte tout aussi bien, confie-t-elle. La suite logique, c’est qu’il y ait plus d’équipes au niveau universitaire. »

Intérêt grandissant
En 2021, le RSEQ a mis sur place un projet pilote de ligue universitaire de flag football, en collaboration avec l’administration de différentes universités. En quatre ans d’existence, le club sportif de l’UdeM a remporté deux fois le Championnat provincial de flag football universitaire (2023 et 2025) et trois fois le Championnat canadien de flag football collégial (2022, 2023 et 2025). « Je pense qu’on a prouvé, au fil de nos quatre ans, que la ligue a du sérieux et que les athlètes qui passent par là se démarquent au prochain niveau », estime M. Desjardins.
Le flag football a connu un changement de statut grâce à un nouveau modèle sportif. Ce modèle répartit les équipes sportives universitaires au sein du RSEQ en trois groupes, selon leur degré d’importance. « Le modèle balise les niveaux de service que le RSEQ va offrir à chaque groupe au niveau de la gestion des ligues, » précise le directeur du sport d’excellence chez les Carabins, William Moylan. Par exemple, les sports du groupe 1 sont davantage médiatisés par les diffuseurs sportifs que ceux du groupe 3.
Ainsi, à partir de mai 2025, le flag football a réussi à se hisser dans le groupe 3 du modèle sportif du RSEQ. En parallèle, le Réseau a mené un vote auprès des universités pour savoir si celles-ci souhaitaient participer à la ligue universitaire officielle. La réponse a été positive du côté de l’UdeM. « La majorité des institutions qui avaient des clubs sportifs de flag football ont manifesté leur intérêt à soutenir une équipe au niveau du sport d’excellence, » ajoute M. Moylan.
Il assure que cette décision a été « facile » et « logique », notamment grâce à la motivation des joueuses et à l’engouement général autour de ce sport au Québec, mais aussi grâce aux enjeux logistiques propices. « C’était un sport d’automne facile à intégrer pour nous selon nos capacités actuelles », poursuit-il.
M. Desjardins et son homologue au sein de l’équipe de flag football, Rachel Lessard, doivent à présent apprivoiser la gestion d’une équipe sous le statut de sport d’excellence. « Nous sommes surchargés d’information un peu partout de la part de la direction, avoue M. Desjardins. Ce suivi administratif inclut, selon M. Moylan, un encadrement médical et physiothérapique, des formations obligatoires pour les entraîneur·euse·s et les joueuses, ainsi que des formulaires de consentement. « On apprend à se positionner dans cet organigramme, indique M. Desjardins. Une équipe en transition de club à Carabins, ça n’arrive vraiment pas souvent. »
L’entraîneur remarque également que les athlètes profitent de ce nouveau statut sur de nombreux plans. De simples gestes, comme troquer l’uniforme Montréal Flag pour celui des Carabins ou s’entraîner dans la salle de musculation réservée aux étudiant·e·s-athlètes, ont créé un sentiment de fierté et d’appartenance chez les joueuses.

Équipe autogérée
Avant de revêtir les couleurs des Carabins, l’équipe de flag football avait donc le statut d’un club universitaire que les joueuses régissaient de manière indépendante. « On avait notre propre conseil administratif, nos propres assemblées générales, cotisations et assurances », révèle Noémie. L’équipe devait notamment s’acquitter des factures de transport, des locations de terrains d’entraînement, ou encore des uniformes.
« Les joueuses aidaient à faire des levées de fonds », révèle la poursuiveuse. Les étudiantes devaient en effet collecter elles-mêmes les fonds et les dons pour faire vivre leur équipe. Malgré ces défis et des tâches « énergivores », les joueuses ont gardé le cap en maintenant leur esprit d’équipe et leur amour pour le sport.
Maintenant que l’administration des Carabins prend en charge la gestion de l’équipe, les joueuses peuvent se concentrer sur leur tâche principale : le flag football. « C’est vraiment relaxant de juste pouvoir jouer, » se réjouit Noémie.
| Popularité croissante du flag football En plus de l’intégration du flag football aux prochains Jeux olympiques d’été à Los Angeles en 2028, la ligue américaine de football National Football League (NFL) prévoit également de mettre en place deux ligues professionnelles (masculine et féminine) de flag football d’ici deux ans. Chiffres clés : Le flag football au Québec selon l’estimation du directeur général de Football Québec Steve Duchesneau : – 22 000 pratiquant·e·s en 2024. – 30 000 pratiquant·e·s d’ici la fin de 2025. |