
« Le tofu, c’est pas un substi-tout, c’est un fromage. C’est mou, c’est blanc, ça goûte la dèche, c’est un fromage ! » énonce, entre autres croyances tout aussi délicieuses, Armande (Johanne Fontaine), l’incrédule chef-cook de la cuisine de la cafétéria. Conceptrice culinaire expérimentée d’un menu à base de ragoût de boulettes, riz frit, egg rolls, fish and chips, pâté chinois et improbables versions de gâteau blanc, Armande est aux prises avec une (combientième) plaidoirie du comité de parents d’élèves pour des repas plus équilibrés. Armande craint de perdre son poste, et elle ne veut crissement pas décrisser.
L’environnement : une cuisine aux murs saturés de termes socialement prohibés. Une chef-cook et trois assistantes cuisinières : à chacune son échelle de sacres. Les favoris ? Ostie et criss. Il y a Cindy (Marie-Ève Pelletier), qui fourre dans les toilettes du Pacini, Martine (Catherine Ruel) et sa criss de face de Bambi qui passe dans la souffleuse, et Sarah (Anne Paquet), qui se torche généralement 
Poète de l’Impossible, Simon Boudreault offre une pièce tragicocomique aux allures de laboratoire psycho-social : un chef-d’œuvre à tous niveaux.
« Quand la vulgarité est si grande qu’elle frôle la poésie.
Voir la vie en brun. Rire de l’humour brun.
Une création est un cri, une expérience,
Une caresse,
Un voyage, un risque, un quelque chose
De surtout unique. »
– Simon Boudreault
« T’essaies-tu de te gagner le crisse de prix Métrostar de la Paix, ostie ? »
– Armande, chef-cook.
Sauce Brune est présentée par Simoniaques Théâtre à l’Espace Libre jusqu’au 11 septembre 2010.