Un campus « MIL » fois trop cher

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Par Esther Thommeret
jeudi 29 octobre 2020
Un campus « MIL » fois trop cher
Alors que le nouveau Complexe des sciences de l'Université de Montréal est quasiment achevé, l'entreprise EBC en charge des travaux réclame 108 millions de dollars supplémentaires. Crédit : Jacob Côté.
Alors que le nouveau Complexe des sciences de l'Université de Montréal est quasiment achevé, l'entreprise EBC en charge des travaux réclame 108 millions de dollars supplémentaires. Crédit : Jacob Côté.

Les travaux du Complexe des sciences coûtent 108 millions de dollars* de plus que prévu à l’UdeM, par rapport au contrat conclu avec l’entreprise EBC. L’Université conteste ces frais supplémentaires, qu’elle ne trouve pas justifiés.

« Le coût total du projet avant les taxes est de 350 millions de dollars », affirme la porte-parole de l’UdeM, Geneviève O’Meara. D’après l’Université, le coût de construction fixé avec l’entreprise EBC sur le contrat d’origine s’élevait à 239 millions de dollars. EBC réclame aujourd’hui  108 millions de dollars supplémentaires pour les changements qu’aurait demandés l’UdeM en cours de chantier.

Le contrat d’origine

« Le contrat de construction du Complexe a été octroyé à la suite d’un appel d’offres public, explique Mme O’Meara. C’est EBC qui a déposé une soumission à un prix forfaitaire de 225 millions avant taxes. » L’Université précise que pour des projets de construction d’une telle envergure, il faut prévoir une contingence de construction de 10 % du coût initial.

« Dans notre cas, on passe de 225 millions de dollars à 239 millions de dollars avant les taxes, soit une augmentation de 8 % du prix total, qui nous a permis de faire face aux imprévus comme les conditions du terrain, précise Mme O’Meara. Le roc, par exemple, avec lequel on a dû composer pendant la construction. » L’UdeM approuve donc cette augmentation.

Un montant supplémentaire « déraisonnable »

L’entreprise EBC réclame désormais à l’Université un montant supplémentaire de près de 110 millions de dollars pour des changements apportés en cours de projet. « À notre avis, cette estimation est complètement exagérée et déraisonnable, déclare la porte-parole de l’UdeM. On ne peut pas parler de changements à chaque fois qu’on pose une question en cours en chantier. » L’UdeM affirme ne pas pouvoir citer d’exemples concrets des changements apportés, dans la mesure où, d’après elle, il n’en existe pas réellement.

L’Université et l’entreprise EBC sont actuellement en discussion dans le but de régler ce désaccord. 

Retards et travaux inachevés

« Si on se rappelle, on a débuté le trimestre d’automne 2019 avec deux semaines de retard, poursuit Mme O’Meara. Ce retard a occasionné un beau défi logistique pour l’UdeM, celui de ne pas avoir la livraison du campus à la date prévue. Les équipes de recherche n’ont pas pu déménager tout de suite, on a dû séquencer leur entrée. » Ces inconvénients se sont fait sentir au sein des étudiants chercheurs et des professeurs, d’après la porte-parole.

Encore aujourd’hui, des petites finitions restent à apporter. « Il y a encore des espaces qui doivent être finalisés au MIL, notamment les gardes corps en verre dans l’atrium principal, ajoute-t-elle. Il y a encore plusieurs petites déficiences techniques. »

À ce jour, selon l’UdeM, 99,5 % des travaux sont terminés et payés.

*Tous les montants mentionnés dans l’article sont comptés avant les taxes.