« On développe un outil qui est une sonde spectroscopique, qu’on va mettre dans la terre et qui va aller chercher de l’information », résume Benjamin De Leener. Ce dernier détaille que le but du projet est de récolter et de rendre ces données accessibles aux agriculteurs.

La bourse Pierre-Péladeau
« 50 000 $, ça va nous permettre de démarrer les projets de validation de notre produit et d’amener potentiellement celui-ci à une commercialisation », explique Benjamin, qui a fondé l’entreprise avec le doctorant en imagerie médicale à Polytechnique Gabriel Mangeat. Il reconnaît toutefois que la jeune entreprise, créée fin 2017, aura ultimement besoin de plus de fonds pour y arriver pleinement.
Au-delà d’une question d’argent, le gain apporte également une crédibilité supplémentaire au projet, selon Benjamin. « Avoir une bourse comme la bourse Péladeau, ça met de la crédibilité sur notre modèle d’affaires et c’est important pour obtenir du financement », souligne-t-il.

La création
« On a commencé avec le robot qui est là », annonce Benjamin en pointant du doigt l’imposant dispositif placé dans son bureau. Il ajoute que son ami et collègue Gabriel et lui ont travaillé sur des projets de recherche relativement similaires et ont cherché à s’investir dans un projet parallèle. « On avait envie de faire quelque chose avec nos mains, parce que moi, je fais de l’informatique et tout ce que je fais, c’est rester sur un ordinateur, détaille Benjamin. Et au final, on a démarré un projet d’agriculture urbaine. »

Le robot jardinier qui a résulté de cette initiative est ainsi capable d’arroser, de planter et d’entretenir différentes cultures. Il est pour cela équipé d’une petite caméra, précise son créateur. « À mesure qu’on avançait, on s’est rendu compte que ça ne poussait pas forcément très bien si on n’avait pas un sol fertile, se rappelle Benjamin. C’est là qu’on a cherché une sonde qui permettrait de connaître les nutriments présents dans le sol. » En ajoutant à cela la dimension de données en temps réel, les deux collègues ont réalisé qu’un tel produit n’existait pas.

Les tests
ChrysaLabs a commencé à tester ses prototypes à l’été 2018. « Les premiers résultats des tests sont concluants, annonce Benjamin. Plus on va avancer dans l’acquisition des données et dans la récolte des tests dans les champs, plus on va pouvoir raffiner notre modèle. »
Le cofondateur de ChrysaLabs fait remarquer qu’ils n’en sont qu’au début des tests, mais qu’une certaine fiabilité des mesures confirme l’efficacité des prototypes.

Horizon 2019
« En 2019, on voudrait arriver à un point ou on a validé toute la sonde, espère-t-il. On prévoit aussi de construire différents prototypes de sondes qui sont à ce jour au nombre de deux. » Pour l’ancien étudiant de Polytechnique, tout l’enjeu de l’année à venir tournera autour de la fiabilité des données récoltées. « Nous voulons aller chercher beaucoup de données, pour pouvoir valider nos algorithmes », souligne-t-il.
Son objectif à long terme est de prouver que la sonde fonctionne et de la rendre commercialisable.