Culture

Solitudes en commun

La troupe de théâtre de l’UdeM (TUM) vous convie à une véritable « expérience théâtrale » avec la pièce Désordre public, écrite par l’auteure montréalaise Évelyne de la Chenelière. Neuf étudiants de l’UdeM se donneront la réplique dans cette pièce qui sera présentée du 15 au 17 février prochain au Centre d’essai du pavillon J.A.-DeSève.

 

Une carcasse d’autobus et quelques bancs isolés jonchent la scène. C’est ici que tout commence. Max, interprété par l’étudiant en droit Étienne Cloutier, se met à entendre les pensées des gens qu’il côtoie dans l’autobus. Une expérience surnaturelle qui le pousse à se questionner sur sa propre identité. « Au départ, Max est un acteur égocentrique qui ne s’intéresse pas aux autres, et il est tranquillement obligé de faire preuve de compassion en s’immisçant peu à peu dans la vie de ces gens», raconte Étienne, qui dénote une « très grande » évolution psychologique du personnage entre le début et la fin de la pièce.

 « Le public peut s’attendre à vivre une « expérience théâtrale« », affirme le metteur en scène et diplômé en théâtre de l’UQAM, Laurent Trudel. Une représentation qui impliquera le spectateur. « Ce qu’on veut, c’est que le spectateur soit avec les personnages du début à la fin et qu’il ressente de la compassion pour eux, explique celui qui signe ici sa deuxième mise en scène pour la troupe du TUM. Tout doit être mis en oeuvre pour que le spectateur se sente dans le spectacle. »

 Reflets de société

Désordre public, c’est aussi l’histoire des personnages qui se greffent à la vie de Max, des gens comme vous et moi, avec leurs problèmes et leurs bêtes noires. « Je suis certaine que les gens vont se reconnaître. À la lecture du texte, je me disais parfois : « moi aussi, je fais ça ! »» avoue l’étudiante en histoire Gabrielle Hamelin. Elle prête ses traits à Nathalie, une jeune femme vouant une admiration profonde pour l’ex-blonde de Max, la belle et séduisante Ariane.

 Metteur en scène et comédiens s’entendent pour dire que la pièce suscite une réflexion sur la compassion. « Que se passerait-il si tout le monde s’ouvrait, si tout le monde se parlait les uns les autres ? » se questionne Laurent Trudel, qui dit avoir été « touché » par le texte d’Évelyne de la Chenelière.

 L’interprète de Max affirme même faire preuve de plus d’ouverture dans sa propre vie. « Avant, comme tout le monde, je mettais mes écouteurs et je ne m’occupais pas des autres, confie Étienne. Maintenant, j’essaie de remarquer comment les autres interagissent. Je pense que ça m’a ouvert en même temps que ça a ouvert mon personnage. »

 «C’est un spectacle très complexe. On saute parfois rapidement d’une scène à l’autre », soutient le metteur en scène. Selon lui, le principal défi de la mise en scène, c’est d’effectuer des allers-retours « constants » entre la fiction et la réalité. « Cette pièce a été écrite dans l’urgence, pour bousculer les conventions théâtrales, pour écrire autrement, renchérit-il. On ressent donc une précipitation dans le jeu des acteurs, et beaucoup de spontanéité. »

 Les comédiens de la distribution apprécient l’esprit d’équipe et la solidarité qui règnent au sein de la troupe. « Il y a beaucoup de gens qui étaient là l’an dernier et qui ont de l’expérience, mais il y a aussi beaucoup de nouveaux qui apportent quelque chose d’intéressant », note Étienne, qui en est à sa deuxième participation.

Du 15 au 17 février 2013

Centre d’essai, Pavillon J.-A.-DeSève

2332, boul. Édouard-Montpetit, 6e étage

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