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Roche, papier, trié !

De mai 2018 à avril 2019, le campus de l’UdeM a récupéré 120 tonnes de papier et 52 tonnes de carton issues des bacs de recyclage, selon la parole-parole de l’UdeM, Geneviève O’Meara. Afin de réaliser le tri des différents types de papier, l’UdeM fait appel aux services de l’entreprise d’économie sociale RécupérAction Marronniers (RAMI).

Le tri du papier

Après une première séparation grâce à des machines, les employés de RAMI opèrent manuellement un tri pour séparer le papier blanc, le carton, les journaux et les papiers mixtes. À l’UdeM, contrairement à d’autres universités comme celle de Sherbrooke (UdeS) (voir encadré), les étudiants peuvent déposer tous les types de papier dans le même bac de recyclage. « Une fois que les matières ont été triées à l’usine, on les revend localement, généralement aux papeteries Cascade, Kruger ou Rolland », explique la responsable du service à la clientèle chez RAMI, Florence Houle. D’après elle, la seule difficulté serait la contamination du papier par d’autres matières comme le plastique ou les résidus alimentaires.

Qu’est-ce qu’un papier recyclable de qualité ?

« Un bon papier à recycler, c’est un papier qui n’est pas mélangé, qui a donc été trié et qui contient un faible taux de contaminants », détaille le vice-président communications, affaires publiques et développement durable de la papeterie québécoise Cascade, Hugo D’Amours. Selon lui, l’encre utilisée ou le fait qu’il s’agisse d’un papier qui a déjà été recyclé ne sont pas des critères qui entrent en compte pour évaluer la qualité de celui-ci. « La fibre de bois peut être recyclée généralement jusqu’à sept fois, précise-t-il. Si un papier a déjà été recyclé dans le passé, ce n’est donc pas un obstacle. »

M. D’Amours ajoute qu’il est préférable que le taux de contaminants du papier soit faible. « On peut quand même en accepter un certain taux, et ils seront retirés lors du nettoyage et du processus de mise en page », souligne-t-il.

L’importance du tri

Un papier à recycler de qualité est avant tout un papier bien trié. « Le type de produits qu’on fait va impacter la matière première qu’on utilise, explique M. D’Amours. Par exemple, si on veut fabriquer des boîtes en carton, on va utiliser des vieilles boîtes en carton. » D’après lui, près de 83 % de la matière utilisée par Cascade provient du recyclage. « La matière recyclée a donc pour nous une immense valeur, on aime dire que notre forêt, elle est dans le bac de recyclage », affirme-t-il.

L’UdeM exige du papier blanc et du papier de couleur fabriqués avec au moins 30 % de fibres post-consommation, selon le Service d’impression de l’Université. « En général, nous pouvons dire que 95 % de notre papier contient 30 % de papier recyclé, confirme le responsable du service, Mathieu Boudreault. La majorité de notre papier est certifié FSC 1. »

Un manque de qualité

La papeterie Cascade déplore n’obtenir qu’une faible quantité de papier recyclé du Québec pour approvisionner ses usines. « Ça fait très longtemps que Cascade mentionne qu’elle serait prête à prendre plus de papier, mais il n’est pas assez de bonne qualité », regrette le technicien en environnement et en développement durable à l’UdeS, Stéphane Meloche.

D’après lui, il est difficile pour les papeteries d’obtenir un papier de bureau de qualité. « Si Cascade continue de se plaindre, c’est parce que le système de collecte de papier de bureau au Québec n’est pas adéquat pour que cette entreprise puisse faire un bon travail, sans que cela lui coûte trop cher, estime M. Meloche. Cascade doit faire beaucoup de tri dans le papier pour faire des ballots de qualité. »

Le nouveau directeur de l’Unité du développement durable de l’UdeM, Ronald Jean-Gilles, et son équipe ont pour projet de réfléchir à une nouvelle politique de gestion des matières résiduelles.

1. Les étiquettes FSC Recyclé identifient les produits qui sont fabriqués avec 100 % de fibre recyclée.7

 

 

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