Culture

Raffinement, romantisme et autres volutes

Alexandre Frédeau, le band

À deux pas de l’Université de Montréal, dans un vaste appartement
de l’avenue Decelles, vit un grand romantique. Son
nom? Alexandre Frédeau. Son métier ? «Excellente question,
mais j’adore ma vie », confie-t-il. Entrevue intimiste entre
hommes sensibles.

«Jusqu’à 19 ans j’étais
uniquement concentré
sur l’alcool et les
filles… depuis mon ex j’ai arrêté
les filles », confie Alexandre
Frédeau, en rajoutant, plus sérieusement,
« L’écriture et la composition
prennent toujours source
dans la frustration ; peu importe
le rythme du morceau.»

Ex-étudiant de la Faculté de
musique de l’UdeM, Alexandre a le
sens de la formule : normal, il est
professeur de musique, comédien,
mais aussi et surtout à la tête d’un
groupe qui lui a emprunté son
patronyme. «J’écris les textes et les
mélodies, ensuite je propose le
tout aux musiciens. Chacune de
mes chansons est comme un
bébé: il y a l’instant de création,
très intime et puis une fois que la
naissance est passée il faut l’élever,
lui laisser la chance de mûrir.
Aucun de mes titres n’est vraiment
terminé. J’essaye toujours
de rajouter des petits riffs, des
ponts…»

Le résultat est un délicieux mélange
de pop acidulée et de chanson française
à l’énergie sensuelle : «Avec
ce projet on voulait quelque chose
d’authentique, mais avec des
mélodies généreuses, assez faciles
d’accès. » Effectivement, les gimmicks
rentrent vite en tête et pour
cause : Alexandre connaît bien la
recette. Grand fan de chanson, il
admire Jacques Brel, Alain
Bashung, M., Olivia Ruiz, Louise
Attaque, Noir Désir, Pierre Lapointe,
Daniel Bélanger, Alfa Rococo,
Goldman et Grand Corps Malade. Il
admet volontiers que ces deux derniers
font « toujours la même
chanson, mais quelle chanson !»

Pour cet idéaliste, la musique est un
moyen de créer un univers à sa
mesure dans lequel il se sent mieux,
ce n’est pas juste un faire-valoir: «Je
me rappelle avoir croisé un type
qui jouait de la guitare uniquement
pour attraper les filles, je ne
comprends pas cette démarche.»
Parce qu’il va peut-être nous faire
avaler qu’avec sa tête de minet et ses
chansons d’amour, elles ne tombent
pas toutes à ses pieds ? «J’ai connu
mes petits moments de gloire ;
suite à un concer, t on est déjà
venu me demander des autographes
ou des photos, mais je ne
suis jamais reparti avec une fille.
Ce serait abuser d’une certaine
naïveté, je pense.»

Pour les besoins de notre numéro
spécial Amour, Alexandre Frédeau
conseille un album qui ferait craquer
n’importe quelle invitée : «Je
pense que si je devais boire un
verre chez moi avec une jolie fille
je mettrais Labo M. [NDLR: troisième
album studio de M] en fond
sonore. C’est intime et lascif
comme il faut.» Et pour prolonger
le moment dans la chambre à coucher
? « Pas de musique ! Je suis
quelqu’un de raffiné : j’ai une
machine Nespresso !»


Pour celles et ceux qui doutent encore
de sa délicatesse, Alexandre Frédeau
sera en concert à l’Alizée
(900, rue Ontario Est)
le 16 décembre prochain.

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