© Photo courtoisie: Production agricole urbaine soutenable et écologique (PAUSE)

OBNL ? Pas de FAVEur pour PAUSE

Le regroupement étudiant Production agricole urbaine soutenable et écologique (PAUSE) s’est récemment vu refuser sa demande de subvention auprès du Fonds d’amélioration de la vie étudiante (FAVE). Ce refus entraîne quelques détours administratifs pour le projet, dirigé par et pour la communauté étudiante.

Le regroupement étudiant PAUSE a récemment dû procéder à sa dissolution légale. Ses membres viennent d’apprendre que tant et aussi longtemps que celui-ci aurait le statut d’organisme à but non lucratif (OBNL), il ne pourra pas prétendre aux subventions du FAVE de l’UdeM.

Fondé en 2010, PAUSE initie ses membres à l’horticulture urbaine, en leur proposant des activités pédagogiques et d’entretien de ses jardins situés sur le campus de la montagne et sur le campus MIL. L’organisme a également pour mission de favoriser l’autosuffisance alimentaire en ville, alors que l’insécurité alimentaire a augmenté de 131 % chez la classe moyenne entre 2019 et 2023.

Comme l’adhésion au groupe est gratuite, PAUSE dépend des subventions du FAVE. Par le passé, ce financement a permis d’inviter chaque mois un horticulteur professionnel pour offrir des formations thématiques.

Problème de reconnaissance

Au début de l’automne, le FAVE a informé le regroupement qu’obtenir de nouveaux financements ne serait pas possible, car certaines redditions de compte n’étaient pas complètes pour ses subventions antérieures.

Après avoir régularisé sa situation, PAUSE s’est finalement heurté à un second refus, cette fois sous prétexte que le regroupement étudiant, reconnu comme tel par l’UdeM depuis 2024, est aussi enregistré comme OBNL depuis sa création.

« Le FAVE nous a déjà financés par le passé, le fait d’être un OBNL n’a jamais été un problème, déplore la présidente de PAUSE et étudiante de deuxième année à la maîtrise en travail social, Armelle Dumas. Ça aurait été bien de nous dire dès le départ que ce serait un enjeu, plutôt que de déposer une deuxième demande pour rien. »

Le regroupement n’a plus le choix. « Pour tenter de sécuriser son financement, il doit donc éliminer son aspect OBNL », résume Mme Dumas, qui se dit déçue d’un manque de transparence dans les règles d’attribution du FAVE.

Après avoir voté la dissolution de l’OBNL en assemblée générale le 10 octobre dernier, les membres ont publié l’avis légal de dissolution d’entité dans Le Devoir le 30 octobre 2025. Ces démarches peuvent sembler simples, mais elles représentent une charge supplémentaire pour les membres impliqués, déjà bien occupés par leurs cours et leur emploi, précise Mme Dumas.

Problème atypique

Contactée par PAUSE, l’Unité de développement durable (UDD) de l’UdeM, qui chapeaute le projet, semble toute aussi confuse sur les refus du FAVE.

Quartier Libre a approché huit regroupements étudiants, dont le Frigo solidaire et le Club d’échecs de l’UdeM, mais aucun d’entre eux n’a été enregistré comme OBNL. Parmi eux, tous ceux ayant effectué une demande de subvention auprès du FAVE l’ont obtenue.

Interrogée quant au refus de celle de PAUSE, la porte-parole de l’UdeM, Geneviève O’Meara, a affirmé par voie de courriel qu’un « projet peut être accepté une année et, l’année suivante, dû au nombre de demandes reçues, au type d’activité ou projet proposé, [il se peut que ce même projet] ne soit pas accepté. »

En contexte de déficit budgétaire, chiffré à 9,7 millions de dollars, l’UdeM prévoit d’imposer des réductions budgétaires de 0,5 % à ses facultés. Quant à celles aux services, elles sont de l’ordre de 1 %. Les budgets consacrés aux frais propres à toutes les unités de l’UdeM connaissent la plus importante baisse en points de pourcentage, avec une réduction de 10 %.Les initiatives étudiantes seraient ainsi victimes des coupes budgétaires au sein de l’Université, selon Mme Dumas.

Les jardins de PAUSE tombent en hibernation jusqu’au mois de mai 2026, mais certaines activités restent prévues pendant cette période.

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