Vendredi dernier, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, la chercheuse et autrice Chantal Ringuet, en cocréation avec l’UdeM et en partenariat avec la Société de transport de Montréal (STM), a lancé une carte alternative du métro qui honore des Montréalaises d’exception.
« On est prêt à avoir un autre récit, un autre regard [sur notre ville], affirme fièrement l’idéatrice du projet, Mme Ringuet. Cette carte alternative rejoint [enfin] tous les Montréalais. »
Conçue en cocréation avec six femmes de la communauté de l’UdeM, cette « carte imaginaire » adhère au plan stratégique de l’UdeM, selon l’instigatrice du projet. « [L’Université cherche à] tisser des liens avec la communauté [montréalaise], car elle possède des campus dans plusieurs quartiers qui se rejoignent par le métro. »
Mme Ringuet souligne également la valeur pédagogique de la carte. « Elle n’est pas une fin en soi, poursuit-elle. Son objectif est de transmettre des connaissances, et on espère qu’elle créera une conversation pour reconnaître l’apport des femmes à la réalisation de Montréal. » La carte permettra ainsi de faire découvrir ces personnalités féminines aux étudiant·e·s de l’UdeM.

Critères de sélection
Contrairement à d’autres grandes villes comme Barcelone ou Londres, qui ont aussi leur carte alternative, le réseau de Montréal ne compte que 68 stations, ce qui est « très peu pour honorer beaucoup de monde », selon Mme Ringuet. « On a dû faire des choix difficiles », avoue-t-elle.
Au total, le projet met de l’avant 73 femmes, le comité de sélection ayant constitué cinq duos pour nommer certaines stations. L’une de celles de la ligne bleue honore notamment Irma LeVasseur et Justine Lacoste-Beaubien, qui ont toutes deux contribué à la fondation de l’Hôpital Sainte-Justine.
Sur le plan chronologique, le comité a restreint sa sélection aux femmes qui ont œuvré de 1831 à aujourd’hui, 1831 étant l’année au cours de laquelle Montréal a obtenu sa première loi d’incorporation municipale, obtenant ainsi le statut de ville autonome.
Mme Ringuet précise que le comité a également tenté de respecter un « équilibre entre les différentes communautés, générations et disciplines », et a donc donné une visibilité aux femmes mohawks, francophones, anglophones et membres de la communauté LGBTQ+, afin de refléter la réalité de Montréal.
« Chacune de ces femmes est associée à une communauté, [c’est-à-dire que] lorsqu’elles sont nommées, elles en évoquent d’autres, ajoute-t-elle. Par exemple, en attribuant une station à l’artiste Françoise Sullivan, on pense aussi à Jeanne Renaud, qui était elle aussi une artiste de l’époque des Automatistes, créant ainsi des liens de sororité. »
Enfin, le comité a également choisi d’exclure les femmes qui ont déjà eu beaucoup de visibilité, comme celles qui ont exercé dans les médias ou la politique.
Rose et dynamique
La carte interactive offre la possibilité de cliquer sur chacune des 68 stations de métro et d’accéder à une photo ainsi qu’à une biographie de chacune des personnalités représentées.
Le réseau, qui conserve les couleurs originales des lignes de métro, est présenté sur un fond « rose vibrant et soutenu, qui montre le dynamisme et la force des femmes », détaille Mme Ringuet.
La STM affiche la carte dans 25 stations jusqu’au 6 avril prochain. Un code QR pour accéder à sa version interactive accompagne les affiches.Celle-ci est accessible en ligne sur le site Internet www.montrealvilledefemmes.com en français et en anglais.