Campus

Manifestement contre le gouvernement

L’atmosphère est lourde. À l’horizon, les armées syndicales se çmobilisent. L’année 2011 sera chaude, et pas à cause
du courant marin El Niño. En réaction à une hausse des droits de scolarité appréhendée, un deuxième regroupement syndical de gauche voit le jour en un mois.

Après l’alliance sociale, formée par la
FEUQ et quelques syndicats le
25 novembre dernier, c’est au tour
de l’Association pour une solidarité syndicale
étudiante (ASSÉ), de la Table de concertation
étudiante du Québec (TaCEQ) ainsi que de
huit syndicats affiliés à la CSN, à la FTQ et à la
CSQ, de fourbir les armes. Leur point de ralliement
: le Manifeste de l’université québécoise
: pour une université libre, accessible,
démocratique et publique.

Pour Philippe Verreault-Julien, secrétaire
général de la TaCEQ, «l’augmentation des
droits de scolarité est une attaque sans précédent
contre le système universitaire. La
droite abandonne les universités aux impératifs
du marché.»

Cet abandon aux impératifs du marché est
déploré par l’ensemble des intervenants qui ont
signé le manifeste. Max Roy, président de la
Fédération québécoise des professeures et professeurs
d’université, soutient qu’une trop grosse
part des subventions va aux «recherches appliquées
qui se destinent au marché», délaissant
du coup les recherches fondamentales, moins
rentables à court terme. «Les universités ne
doivent pas se tourner uniquement vers ce
type de recherche», proclame-t-il.

Le gouvernement
devrait investir

Pour Carole Neill, présidente du Conseil provincial
du secteur universitaire, « l’éducation
n’est pas un bien personnel, mais un droit.
C’est le gouvernement qui doit garantir ce
droit.» Elle demande un investissement massif
de l’État. Pour les signataires du Manifeste,
le débat actuel est un faux débat et le gouvernement
a la possibilité d’augmenter les impôts
pour investir plus en éducation. « Le privé
doit payer plus d’impôt», insiste Mme Neill.

Les signataires déplorent aussi que la rencontre
des partenaires en éducation, qui se déroulait
le 6 décembre, était sur invitation. Selon eux, il
devrait y avoir un débat large et démocratique.
Pour l’instant, le débat porte essentiellement
sur comment et de combien le gouvernement
devrait augmenter les droits de scolarité, déplorent
les signataires du manifeste.

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