Culture

L’oeuvre invisible

La sculpture Molécules de Johannes Burla, originellement emmurée dans le pavillon de la Suisse de l’Expo 67, loge au troisième étage du pavillon Marie-Victorin, au carrefour des ailes B et C. Depuis presque vingt ans, l’énorme sculpture gît modestement, cachée par un musée de la Faculté des sciences de l’éducation dont elle ne fait pas partie.

La sculpture Molécules vue du 3e étage du pavillon Marie-Victorin (Crédit photo : Pascal Dumont)

Malgré sa dimension historique, l’oeuvre d’art, qui représente des molécules de dimension monumentale, ne plaît pas à tous les étudiants. Élise, une étudiante en enseignement préscolaire et primaire, hésite à dire que l’oeuvre est belle et ajoute, avec un brin d’ironie : «C’est bien de savoir que ça ressemble à ça des molécules! »

Commandée à Johannes Burla par des compagnies pharmaceutiques suisses, la sculpture est le seul objet qui ait survécu à la démolition du pavillon de la Suisse à Montréal. Son nouvel emplacement a été choisi en fonction de la vocation scientifique du pavillon Marie-Victorin, nommé en l’honneur du fondateur du Jardin botanique de Montréal.
Toutes deux étudiantes en éducation primaire, Juliette et son amie Émilie apprennent avec surprise la provenance de la seule oeuvre d’art de leur pavillon, Molécules. «Wow! C’est quand même spécial ! C’est sûr qu’on apprécie plus la sculpture en sachant cela, mais c’est dommage qu’elle ne soit pas plus mise en valeur.»

 

La sculpture Molécules, entourée par le Musée de l’éducation Louis-philippe-Audet (Crédit photo : Pascal Dumont)

Un musée modeste

Les affiches et la dizaine de vitrines qui cachent partiellement la sculpture forment le Musée de l’éducation Louis-Philippe-Audet (MELPA). Depuis son inauguration en 1992, le MELPA héberge environ une à deux expositions par année sur l’enseignement. C’est une enseignante à la retraite, Cécile Levasseur, qui assume bénévolement le rôle de commissaire du m u s é e d e p u i s 2 0 0 5 . « L e MELPA n’est pas un musée prestigieux et n’aborde pas des thèmes très vendeurs pour le grand public », dit-elle, en ajoutant que le succès du musée est dû au choix de sujets qui intéressent tout particulièrement les étudiants en enseignement.

La commissaire ne trouve pas que le musée nuit à la visibilité de la sculpture : « Le musée est un carrefour et permet la libre circulation du public à travers le mobilier qui est mobile et amovible. Il crée un espace qui invite les gens à faire des découvertes et à déambuler autour de la sculpture. »

«Ça fait quatre ans que j’étudie ici et je ne l’avais jamais remarquée», avoue Chantal, une étudiante en adaptation scolaire qui voit la sculpture pour la première fois. «Quand on est étudiant, on passe souvent à côté de la richesse intrinsèque de son univers », conclut Cécile Levasseur.

 

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