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L’incroyable douceur d’Amélie et la métaphysique des tubes

Le film Amélie et la métaphysique des tubes, réalisé par Maïlys Vallade et Liane-Cho Han, adapte le roman autobiographique Métaphysique des tubes de l’autrice belge Amélie Nothomb. Présenté au Festival de Cannes dans le cadre d’une séance spéciale, ce long métrage d’animation de 1 h 17 est un véritable baume au cœur et une ode à ce que l’humain peut faire de plus doux.

L’histoire se situe au Japon et suit les traces de la petite Amélie jusqu’à ses trois ans dans sa quête de curiosité, de rêve et d’émerveillement. Elle y découvre le monde et se lie d’amitié avec la gouvernante de la maison, Nishio-san.

Cette envie d’émerveillement parsème chaque instant du film. Les moments charnières de la vie d’Amélie, empreints de réalisme magique et d’onirisme, sont si attendrissants qu’il en devient facile d’oublier leur improbabilité.

Par exemple, lors du premier printemps d’Amélie, cette dernière observe les bourgeons éclore et hurle « Ouvrez-vous toutes ! » Tandis qu’elle court, une ribambelle de fleurs l’accueillent, telle une haie d’honneur. Un puissant désir de liberté se dégage de cette scène, qui donne littéralement envie aux spectateur·rice·s de traverser l’écran et de vivre dans l’univers du film.

Bien que le récit se déroule à l’aube des années 1970, les personnages s’habillent, s’expriment et agissent hors du temps. Ce choix de mise en scène ne gêne pas, car il appuie le fait que l’histoire d’Amélie est celle de plusieurs familles, d’hier à aujourd’hui. Ainsi, le public peut aisément se rattacher aux proches de la petite fille.

La réalisation n’hésite pas à dépeindre des moments plus sombres au cours de l’histoire, notamment en s’attardant sur la famille de la gardienne Nishio-san, morte pendant la Seconde Guerre mondiale. Lorsque celle-ci raconte sa perte à Amélie, la nourriture se transforme pour représenter les bombardements, l’enterrement et même la mort, dans une séquence impressionnante.

Le long métrage provoque énormément d’émotions chez le public. En effet, la prestation vocale d’Amélie, par la jeune Loïse Charpentier, suscite un grand attachement envers son personnage. Son innocence pure émeut au plus haut point. Pour les plus sensibles, quelques mouchoirs seront de mise.

Amélie et la métaphysique des tubes est un hymne à la beauté du monde, qui rappelle que tout n’est pas perdu, même dans les moments les plus moroses. Les étoiles les plus claires ressurgissent toujours davantage dans les cieux les plus noirs.

Amélie et la métaphysique des tubes sera à l’affiche dans quelques salles au Québec à partir du vendredi 21 novembre.

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