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Les lacunes du Département de psychiatrie de l’UdeM révélatrices de problèmes systémiques

Le CRMCC fait normalement des visites d’agrément au moins une fois tous les huit ans, a expliqué la spécialiste des communications du Collège, Mélissa Nisbett, à La Presse. Toutefois, en raison des lacunes décelées au sein du Département de psychiatrie de l’UdeM, ce dernier subira une seconde évaluation dès l’an prochain afin que le CRMCC s’assure que des correctifs ont été mis en place.

François L’Espérance (Crédit photos: site Web du département de psychiatrie et d’addictologie de l’UdeM)

 

Les normes du CRMCC

 Comme le mentionne le CRMCC dans son document intitulé Normes d’agrément des programmes de résidence en psychiatrie, publié en juillet 2020, le Collège prend en compte le respect de neuf normes lors de son évaluation d’un programme. Parmi les points observés se trouvent la structure organisationnelle du programme, mise en place pour soutenir ses directeur·rice·s et résident·e·s, les ressources dont dispose celui-ci, un environnement de travail favorisant la sécurité et le bien-être de tous·tes.

Responsable de l’évaluation des programmes de résidence de 17 universités canadiennes, dont 4 universités québécoises comportant un programme de psychiatrie, le CRMCC s’est notamment basé sur une analyse du milieu de travail et sur des rencontres auprès du docteur L’Espérance, de résident·e·s et de leurs superviseurs·euses, pour s’assurer du respect de ces normes au sein du Département.

La réponse médiatique du docteur L’Espérance

Pour expliquer le manque d’encadrement des résident·e·s, le docteur L’Espérance a d’une part mentionné à La Presse le manque de disponibilité des psychiatres et des superviseurs·euses, causé par l’expansion rapide d’une cohorte passée de 60 à 90 résident·e·s au cours des cinq dernières années.

D’autre part, en réponse à la demande d’un milieu de travail plus sûr, il souligne des déficits au sein du système hospitalier. Il fait ainsi référence à la surcharge des hôpitaux et au besoin «d’améliorations physiques» telles que des «des salles d’examen à deux portes ou des boutons de panique géolocalisés à porter sur soi». Il suppose également que l’agression subie par un psychiatre en 2019 a exacerbé les inquiétudes liées à la sécurité et a donc terni les témoignages de certain·e·s superviseurs·euses et résident·e·s.

L’incident de 2019

Le 29 octobre 2019, à l’hôpital Albert-Prévost, le psychiatre Mario Roy a survécu après avoir été poignardé à de nombreuses reprises avec une paire de ciseaux par son patient Joshua Côté-Mashala, qui souffrait de schizophrénie.

Cet incident est loin d’être isolé, puisque selon un sondage réalisé par un comité sur la sécurité dans les services de psychiatrie auprès des membres de l’Association des médecins psychiatres du Québec (AMPQ), «60 % des psychiatres ont été agressés physiquement au cours de leur carrière et 80 % ont reçu des menaces d’agression à leur égard», a déclaré le docteur Stéphane Proulx, membre du comité en question, à La Presse.

Un problème généralisé?

En plus d’une insécurité grandissante, le système psychiatrique n’échappe pas à la surcharge du système hospitalier. La présidente de l’Association des médecins psychiatres du Québec, la docteure Claire Gamache,  a d’ailleurs lancé un appel à l’aide le 29 novembre 2022 en raison d’un manque de personnel dans les services de psychiatrie. À cet égard, le gouvernement du Québec a alors promis d’investir un montant d’un milliard de dollars sur cinq ans pour améliorer l’accès aux soins en santé mentale et notamment instaurer «une prévention et la mise en place d’autres options que les hospitalisations en psychiatrie», selon les informations présentes sur son site Web.

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