Le rire du Dalai-lama

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Par Charlotte Biron
mardi 20 septembre 2011
Le rire du Dalai-lama

Sa Sainteté parle de la paix dans le monde, s’inquiète de la censure en Chine, de la fonte de l’Himalaya, de la corruption… et propose de greffer de gros nez aux journalistes. Retour sur quelques moments forts de la Conférence pour la Paix par la Religion du 7 septembre dernier, où le Dalaï-lama a montré que l’humour aide décidément à faire passer les messages.

Crédit : Charlotte Biron

 

La Conférence réunissait d’illustres professeurs et penseurs, mais c’est Sa Sainteté qui a le plus marqué les esprits. Il faut dire que le Dalaï-lama s’exprime parfois en paroles de chansons, parfois en paraboles, parfois comme Maître Yoda, et toujours en exerçant un charme assez impressionnant sur les 2 500 personnes rassemblées au Palais des Congrès.

 

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Le Dalaï-lama prend de longues minutes pour dénoncer la corruption, particulièrement en Chine et en Inde, pays dont il parle beaucoup. « Il faut que les gens choisissent. Les prières ne fonctionnent pas si l’on participe à la corruption. Si vous participez à la corruption, arrêtez de prier. Vous ne pouvez tromper Dieu. » Le Dalaï-lama attribue une large responsabilité aux professionnels des médias et souhaite voir leur physionomie s’adapter à leur emploi: « les gens des médias devraient avoir de longs et gros nez. Avec leur gros nez, ils pourront sentir tout ce qui se passe, investiguer et nettoyer la société. »

 

Le public pose beaucoup de questions sur l’environnement, questions auxquelles le Dalaï-lama répond patiemment, y allant de ses suggestions personnelles : « l’environnement est un sujet très, très sérieux. Nous n’avons qu’une Terre. Moi, je fais attention, et je prends des douches et pas de bains. J’ai vu une rivière où il n’y avait plus de poissons, à cause de la pollution. »

 

Le Dalaï-lama veut voir le monde politique se laïciser: « les chefs politiques et religieux devraient être séparés. Ça peut faire dire que je suis hypocrite, parce que j’ai fait les deux. (Rires) Mais plus maintenant », dit-il en rappelant qu’il a récemment renoncé à son rôle politique.

 

Le Dalaï-lama ne voit pas la foule à cause des lumières qu’on projette sur lui sur la scène. « Attendez, je vais mettre ma casquette. C’est très pratique, explique-t-il en enfilant la casquette. C’est pour vérifier que vous écoutez bien. Si vous bâillez, je fais [une] petite conférence. Si vous montrez beaucoup d’enthousiasme, je fais [une] grosse conférence. »

 

» Le Dalaï-lama propose plusieurs idées pour résoudre les conflits mondiaux , entre autres : « come together » et « exprimez-vous », ou encore « prier n’est pas suffisant. On doit faire des efforts et rencontrer plus de gens. »

 

Lorsqu’on demande au Dalaï-lama s’il se sent parfois découragé, il répond éloquemment : « Oh yeah. »

 

Bien sûr, une des questions récurrentes de la Conférence concerne la méthode à employer pour sauver le monde. Comme réponse, Le Dalaï-lama suggère l’autodiscipline et de rechercher simplement la paix intérieure. C’est aussi le thème de Kung-Fu Panda 2. Les réalisateurs de ce film d’animation auraient-ils eux aussi entendu Sa Sainteté ?

Le Dalaï-lama est assez bouffon, rit franchement, et son sourire est contagieux. Il s’en prend en blague à Gregory Baum, professeur de l’Université McGill, assis près de lui : « Me trouvez-vous intéressant ? Si vous dites non, je vous pousse en bas de la chaise ! »